Constats, responsabilités et pistes d’action. C’est ce qui résume les deux jours de réflexions scientifiques qui ont réuni les chercheurs, les étudiants et le grand public à l’université de Toliara. Biodiversité, sécurité alimentaire, zones humides, récifs, agriculture, migration, eau, santé, feux de végétation et plastiques marins ont figuré parmi les principaux thèmes abordés.
Le panel organisé vendredi dernier, dernier jour du colloque international sur les ressources naturelles et les changements climatiques, a mis en avant les pistes d’action à suivre face à la dégradation des forêts, des récifs et de la disparition progressive des eaux souterraines. Il a été souligné qu’il est urgent d’apporter des solutions face au fait que Toliara soit exposée à l’élévation du niveau de la mer en raison de son faible relief, de même que l’acidification et le réchauffement que subissent les océans.
Le recul des interdits ancestraux et des coutumes relatifs à l’usage des plantes médicinales a été rappelé par un représentant de la communauté locale, intervenant lors du panel. Il a été ainsi demandé de restituer les résultats des recherches aux communautés concernées et de rapprocher les savoirs scientifiques des connaissances traditionnelles.
Restitutions
Le professeur Jacky Youssouf, enseignant à l’université de Toliara, a rappelé que l’accélération du changement climatique résulte en grande partie des activités de l’Homme. Mais, il a été admis par les uns et les autres, dans la salle et intervenants, que la paupérisation des populations locales limite les résultats des activités de sensibilisation menées par diverses entités pour favoriser un changement de comportement.
Le colloque international a mis en exergue le potentiel énergétique du « tioka atimo », (le vent du Sud) aux pratiques pastorales du Sud. La plante sacrée « Lambakoaky » et les savoirs maritimes des Vezo ont également été intégrés dans les concepts des territoires, langues et traditions des populations.
Les recherches appartiennent aux chercheurs et les actions pratiques à entreprendre, issues des résultats des recherches, relèvent de la responsabilité du gouvernement et du parlement.
« Nos actions s’arrêtent aux recherches. Nous avons par exemple déduit que les effets du changement climatique sont à relier aux choix énergétiques, aux conditions de vie et à l’application des politiques environnementales. Des solutions directement applicables ont été toutefois avancées telles que l’entrepreneuriat communautaire, la protection des forêts côtières, le rafraîchissement naturel des bâtiments », a expliqué Francis Veriza, président de l’université de Toliara.
Il a aussi avancé que la préservation des ressources naturelles à Toliara, particulièrement, exige une meilleure gestion de l’eau et des forêts, l’application effective des lois et un dialogue réel entre savoirs scientifiques, connaissances traditionnelles et décisions publiques.
Les résultats des recherches seront restitués aux communautés locales pour être traduits en actions adaptées aux réalités des territoires. L’ensemble des restitutions issues du colloque sur « Climat, ressources naturelles et sociétés : défis et solutions pour un avenir durable » sera remis à la présidence de la Refondation de Madagascar et aux différents ministères, pour qu’ils les traduisent en actions… urgentes.
Mirana Ihariliva