BASKETBALL 5x5 - Les techniciens appellent à une restructuration

Éliminés de la course au Mondial, les Ankoay terminent leur campagne sur un fiasco. Techniciens et acteurs du basket appellent à une profonde restructuration de la discipline.

Séquence de match opposant les Ankoay aux Éléphants de Côte d’Ivoire.

Les Ankoay quittent les éliminatoires de la Coupe du monde 2027 sur un bilan sans appel : six matchs, six défaites. Battus lors de la première fenêtre par la République démocratique du Congo (79-87), le Sénégal (66-99) et la Côte d’Ivoire (74-99), ils n’ont pas réussi à redresser la barre lors de la seconde phase disputée à Dakar. Madagascar s’est de nouveau incliné face à la RDC (62-82), puis contre le Sénégal (59-101), avant de terminer sur une défaite plus encourageante contre la Côte d’Ivoire (102-118).

Si les résultats sont sévères, la prestation livrée lors de la dernière rencontre laisse entrevoir quelques signes positifs. Contrairement aux deux premières rencontres disputées à Dakar, les Ankoay ont affiché davantage de fluidité offensive en franchissant, pour la première fois de la campagne, la barre des cent points. Face à l’une des meilleures sélections africaines, ils ont montré une meilleure circulation du ballon et davantage d’audace en attaque, même si les lacunes défensives sont restées évidentes.

Pour Alain Marcel Aimé Randria, dit Coach Mémé, plusieurs facteurs expliquent cet échec. Le technicien pointe d’abord le déficit d’expérience internationale des joueurs. « Les Ankoay souffrent d’un manque de compétitions de haut niveau », souligne-t-il.

Chantiers prioritaires

Il relève également le contexte particulier de cette sélection, composée de trois générations de joueurs, que Mickaël Pivaud, head coach, n’a eu que deux semaines pour découvrir son effectif avant la compétition. Selon lui, ce délai, trop court, n’a pas permis au sélectionneur d’identifier les qualités de chacun ni d’adapter efficacement son système de jeu en fonction des adversaires. Coach Mémé rappelle enfin que les techniciens locaux connaissent mieux les réalités du basketball malgache et pourraient davantage contribuer au développement de la sélection nationale.

Au-delà de l’analyse sportive, plusieurs voix convergent vers un même constat : le basketball malgache doit franchir un nouveau cap dans son organisation. Après la rencontre face à la Côte d’Ivoire, le capitaine Sitraka Raharimanantoanina a appelé à poursuivre les efforts engagés, avec pour priorité la professionnalisation des joueurs afin de leur permettre de rivaliser avec les meilleures nations africaines.

Cet avis est partagé par Andry Rakotomanatsoa, dit Coach Sexy. Selon lui, le problème dépasse largement le cadre du terrain. « Tout est une question de structures », affirme-t-il, en soutenant pleinement l’appel du capitaine. Il estime que la professionnalisation est devenue incontournable et prévient que, sans évolution de l’environnement du basketball malgache, l’écart avec les grandes nations africaines continuera de se creuser. Il plaide pour un renforcement de la Direction technique nationale afin d’assurer un meilleur suivi des talents.

Cette campagne africaine a ainsi mis en évidence les principaux chantiers de la reconstruction : multiplier les compétitions de haut niveau, stabiliser l’encadrement technique, renforcer les structures de formation et professionnaliser les joueurs.

Donné Raherinjatovo

1 Commentaires

  1. Mais arrêtons avec les sports collectifs sur le plan continental et international. Cela coûte très cher pour notre petit pays et nous manquons de gabarit. Il est temps de se consacrer aux sports individuels (judo,lutte, haltéro, athlè) si on veut être présent aux J.O par exemple, car des individualités (qui coûtent moins chers) nous en avons et demandent qu'à être soutenus. Un jour ???

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