L’Assemblée nationale démarre une session extraordinaire incessamment. Un rendez-vous qui se tiendra sur fond de tensions en raison de la recrudescence de l’insécurité.
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| Après quelques jours d’accalmie, les débats parlementaires animeront à nouveau les travées de l’Assemblée nationale. |
Tendue. Ce mot résume la situation socio-politique dans le pays actuellement. C’est dans ce contexte pesant que démarrera la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Une session impromptue à la demande des députés et actée par un décret de convocation pris en Conseil des ministres, mardi.
Selon des sources à la Chambre basse, le décret convoquant la session extraordinaire ne serait pas encore parvenu à Tsimbazaza. L’acte réglementaire fixe pourtant la date, l’ordre du jour et la durée des débats qui ne doit pas dépasser douze jours. Du côté du bureau permanent de l’institution, c’est le silence radio jusqu’à l’heure actuelle. Durant la première session ordinaire, Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale, avait évoqué la nécessité d’un rendez-vous impromptu pour examiner des projets et propositions de textes en suspens.
La session extraordinaire annoncée se tiendra toutefois sur un fond de tensions sociales. Une conjoncture tendue en raison de la recrudescence de l’insécurité. Il y a les cas de disparition et de meurtres présumés, dont des enfants et des adolescents, qui défraient la chronique. Bien qu’une accalmie semble s’installer ces trois derniers jours, l’inquiétude reste palpable chez les citoyens.
Du Chef de l’État, en passant par le Premier ministre jusqu’aux chefs des Forces de défense et de sécurité (FDS), la thèse d’une machination politique pour déstabiliser le pays, derrière ces cas de violence, est privilégiée. Les mots « terrorisme » et « guerre » ont même été dits par les deux chefs de l’Exécutif pour parler de la situation actuelle. De prime abord, pour l’État, la lutte contre ces faits d’insécurité actuelle consisterait à mener une guerre contre des terroristes présumés.
« Je préviens que, quels que soient ceux qui sont derrière cela, nous avons déjà commencé à enquêter maintenant. Quelle que soit l’organisation, quoi qu’il y ait derrière cela, je le détruirai », a averti le locataire d’Iavoloha dans un discours prononcé à Toamasina, vendredi.
Toutefois, comme l’a appréhendé l’officier supérieur, un climat de psychose s’est installé au sein de la société. Au-delà des rhétoriques politiques, la situation sécuritaire est en train d’engendrer une situation sociale délétère.
Apaisement et quiétude sociale
La tension sociale est telle que sur la base de simples ouï-dire ou de clameurs populaires, au mépris de la présomption d’innocence, des individus se font lyncher ou sont « présumés coupables» d’enlèvement ou de meurtres. Après les cas de disparition, ce sont les faits de vindicte populaire qui inondent les réseaux sociaux ces dernières 72 heures. Hier par exemple, un jeune homme accusé du meurtre d’une jeune femme, à Maintirano, a été arraché des mains de la police par la foule, puis lynché et brûlé vif.
Hier toujours, une styliste en vogue a dénoncé sur les réseaux sociaux l’agression par des individus en scooter, dont aurait été victime son chauffeur. La conjoncture actuelle qui revêt des enjeux sécuritaires et politiques est ainsi au centre des préoccupations nationales du moment. Pour de nombreux observateurs, la situation actuelle offre une occasion pour les députés de jouer leur rôle d’éclairage démocratique.
Au-delà de l’examen des textes législatifs, l’Assemblée nationale dispose d’un levier essentiel, à savoir le contrôle de l’action gouvernementale. À travers les questions orales et les interpellations, les parlementaires ont la possibilité de demander des comptes à l’Exécutif. Dans un contexte aussi sensible, leur implication pourrait s’avérer nécessaire. Au-delà des discours, l’opinion publique attend des réponses claires sur la situation actuelle.
Réagissant aux discours des autorités, le docteur Omar Abderman Ramadany, juriste et enseignant-chercheur, indique qu’ils « supposent l’existence de preuves, de responsables identifiés et d’éléments suffisamment solides pour justifier une telle qualification». Il explique, « (...) qu’une enquête judiciaire ne peut être orientée par des hypothèses ou des déclarations. Elle doit reposer sur des faits objectivement constatés, des indices sérieux et des preuves ».
L’enseignant-chercheur évoque le risque que, attribuer prématurément ces crimes à une motivation politique, « sans démonstration judiciaire », puisse mener les investigations vers une mauvaise direction. « Face à cette crise sécuritaire, les citoyens n’attendent ni des spéculations ni des accusations non démontrées. Ils attendent des résultats : des enquêtes efficaces, des auteurs identifiés, des arrestations, des procès équitables et une protection effective de la population», ajoute-t-il.
En posant les bonnes questions et en exigeant des réponses précises, les députés peuvent contribuer à éclaircir les zones d’ombre autour de la situation actuelle, à rassurer la population et à apaiser les tensions sociales ambiantes. Outre le fait de débusquer ceux qui sont derrière ces crimes, l’enjeu est aussi de restaurer une quiétude sociale.
Garry Fabrice Ranaivoson

Si un pouvoir militaire n'est pas capable de rétablir partout la sécurité, ce ne sont pas des députés bien au chaud qui s'en occuperont !!!
RépondreSupprimerOn ne peut qu' adhérer aux remarques faites par l'enseignant chercheur rapportées dans la publication . Aux "députés" de désamorcer une hypertension sociale. Sachant que le climat de défiance et de suspicion supposée ne peut qu'aboutir à une fébrilité, à un manque d'équité d'appréciation.
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