ARNAUD GUILLOIS - «Madagascar peut compter sur des partenaires constants et fiables»

Sur le départ, l’ambassadeur de France a donné sa dernière réception du 14 juillet, hier. Pour sa dernière allocution, il a mis l’accent sur la qualité des relations bilatérales entre Madagascar et l’Hexagone ainsi qu’avec les autres États membres de l’Union européenne.

Au premier plan, l’ambassadeur Arnaud Guillois,  sur la scène, aux côtés des personnalités étatiques.

Pas des partenaires d’un jour, mais des partenaires de toujours». C’est en ces mots qu’Arnaud Guillois, ambassadeur de France, résume la qualité des relations bilatérales entre l’Hexagone et Madagascar. Un partenariat de qualité qu’il élargit à la coopération entre la Grande Île et les États membres de l’Union européenne (UE).

«Madagascar peut compter pour ce faire sur des partenaires constants, fiables et transparents. Pas des partenaires d’un jour, mais des partenaires de toujours. L’Union européenne et ses États membres en sont assurément, qui partagent l’objectif commun d’un Madagascar plus prospère, plus stable, plus démocratique», a déclaré le diplomate, hier à la résidence de France, Ivandry, à l’occasion de la traditionnelle réception du 14 juillet.

Sur le départ, Arnaud Guillois a donné sa dernière réception à l’occasion de la fête nationale française, hier. Pour son dernier discours en tant qu’ambassadeur de France à Madagascar, il a livré une allocution à forte portée diplomatique. Tout en dressant un panorama dense de la coopération bilatérale entre les deux pays, il a également touché mot sur le volet politique, sécuritaire et géopolitique.

Par partenaires constants, fiables et transparents, le diplomate fait d’abord référence au choix de la France et plus largement de l’UE, d’accompagner le pouvoir de la Refondation. «Dès l’instauration de la Refondation de la République, par ses prises de position officielles, par la poursuite et la réorientation de ses projets de coopération, la France a fait le choix d’un engagement constructif à ses côtés, dans la mesure où celle-ci entend répondre aux aspirations de la population de Madagascar (...)», affirme-t-il alors.

L’ambassadeur Guillois ajoute, néanmoins, que les partenaires européens de la Grande Île «forment le vœu que les espoirs nés des événements de l’automne se concrétisent et que les objectifs de la Refondation tels qu’ils ont été exprimés et réitérés depuis octobre permettent l’organisation d’élections équitables, transparentes et crédibles d’ici fin 2027». Après le volet politique, le diplomate a recentré son discours sur la diversité du champ de coopération entre la France et Madagascar.

Contexte international

«Par notre histoire commune, par la densité des relations humaines entre nos deux pays, par l’importance de nos relations économiques et par notre voisinage dans l’océan Indien (...), Madagascar et la France ont noué des liens indéfectibles, à nul autre pareil», soutient Arnaud Guillois. Il a, entre autres, passé en revue les différents projets financés par l’Agence française de développement (AFD), ou encore co-soutenus par l’Hexagone et l’UE.

Le diplomate a mis l’accent sur le poids économique des liens bilatéraux entre les deux pays. En notant sa dimension en termes de création d’emplois, il avance que «la France demeure l’un des principaux partenaires économiques du pays au travers de ses cinquante-cinq filiales d’entreprises françaises et des centaines d’entreprises aux capitaux français (...)». Sur sa lancée, il rappelle «comme dans le monde, les entreprises aspirent à évoluer ici dans un climat des affaires stable, assaini et prévisible, condition indispensable à une croissance inclusive et durable».

Le renouvellement de la coopération dans le domaine de la sécurité et de la défense a aussi été soulevé par l’ambassadeur Guillois. Dans son discours, il glisse également une réaffirmation de la disponibilité de la France «pour lancer enfin le programme de réhabilitation des infrastructures portuaires civiles de Diego-Suarez [Antsiranana]». Un projet sur lequel l’Hexagone a fait face à quelques concurrences internationales de taille. Il y a la Russie, notamment, dont une délégation a visité le site du chantier naval Secren, en avril.

En soulignant la constance, la fiabilité et la transparence, ainsi que le caractère non conjoncturel du partenariat de Madagascar avec la France et les États de l’UE, Arnaud Guillois a aussi effleuré le contexte international marqué par des recompositions géopolitiques. En filigrane, il y a aussi la présence russe de plus en plus marquée à Madagascar. Dans une certaine mesure, le discours du diplomate s’aligne avec l’image d’une Europe faisant corps derrière l’Ukraine, qu’a voulu montrer l’État français, dans les célébrations du 14 juillet.

L’ambassadeur français a ainsi remis la question de la guerre en Ukraine sur la table en mettant en avant les conséquences pour Madagascar, notamment la hausse des prix des matières premières. «(...) mais aussi à l’usurpation du pavillon malgache par des navires de la flotte fantôme russe (...)», ajoute-t-il. Par ailleurs, le diplomate a rappelé la Déclaration de Nairobi pour la paix et la sécurité en Afrique, adoptée durant le Sommet Africa Forward, au Kenya.

S’agissant de la Déclaration de Nairobi, Arnaud Guillois a rappelé, en particulier, la partie qui affirme «le rejet des ingérences extérieures, la privatisation de la sécurité et le recours au mercenariat en Afrique». Un rappel qui n’est visiblement pas anodin.

Garry Fabrice Ranaivoson

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