ANTSIRANANA - Le saphir jaune à l’honneur au Festival Tsakotsako

Pendant trois jours, du 23 au 25 juillet, la commune rurale d’Anketrakabe (district d’Antsiranana II) vit au rythme de la troisième édition du Festival Tsakotsako, rendez-vous économique consacré à la filière maïs. 

Le carnaval haut en couleur a débuté le Festival Tsakotsako.

L’événement vise à rapprocher producteurs et acheteurs, à promouvoir les techniques agricoles modernes et à encourager la transformation locale afin de créer davantage de valeur ajoutée autour de cette culture stratégique.

Malgré l’éloignement et l’état difficile de la route, une foule nombreuse a fait le déplacement, témoignant de l’engouement grandissant pour ce festival, devenu un rendez-vous incontournable pour la population. L’ouverture officielle a vu la présence du chef de la région Diana, le général Louis Francio Marovavy, accompagné des autorités civiles et militaires.

Dès les premières heures de la journée, Anketrakabe était en pleine effervescence. Marchands, gargotes et bars ont bénéficié d’une forte affluence. Le maïs, baptisé « saphir jaune », symbole de la prospérité qu’il apporte à la commune, est visible dès l’entrée du village : maisons décorées d’épis, sacs de récolte empilés devant les habitations, camions, charrettes et tracteurs transportant les productions vers les collecteurs… Les épis servent même à réaliser des œuvres décoratives, illustrant la créativité des habitants.

Profitant également du jour de marché, les agriculteurs affluent avec leurs récoltes, parfois plusieurs sacs à la fois, pour les vendre aux collecteurs. Selon eux, les revenus tirés de cette campagne permettent de constituer des réserves alimentaires, d’acheter des vêtements et des équipements ménagers, mais aussi de dépenser lors des manifestations du festival.

Plusieurs défis

Le carnaval d’ouverture a offert un spectacle haut en couleur. Des tracteurs et des outils agricoles décorés de maïs ont défilé dans les rues, transportant de nombreux jeunes qui lançaient des épis de maïs au public tout au long du parcours. Sur le site du festival, les stands des partenaires exposent les innovations agricoles et les produits dérivés du maïs. Les visiteurs ont également été surpris de découvrir des grains de maïs utilisés comme tapis naturel sur le sol de l’enceinte.

L’histoire de cette réussite remonte aux années 1990, lorsque les agriculteurs ont progressivement adopté la variété IRAT 200, reconnue pour ses rendements de trois à quatre tonnes par hectare. Aujourd’hui, la commune produit près de 4 000 tonnes de maïs par an, dont environ 1 000 tonnes sont achetées par des opérateurs privés, collaborateurs des paysans, puis expédiées vers Antananarivo. Près de 99 % des habitants cultivent cette céréale et plusieurs entreprises accompagnent désormais les producteurs en intrants agricoles, tout en achetant leur récolte à 1 300 ariary le kilogramme. La culture du maïs s’étend également à près de 80 % des fokontany composant la commune.

PMalgré cette dynamique, la filière reste confrontée à de nombreuses difficultés : la maladie dite « folera mena » (fleur rouge), qui réduit les rendements, l’appauvrissement des sols, l’insuffisance des superficies cultivables, le manque de formation technique des producteurs, l’accès limité aux engrais et aux produits phytosanitaires, l’état dégradé des routes qui freine la commercialisation, ainsi que l’absence d’infrastructures de stockage…

Conscient des enjeux, le chef de région a réaffirmé sa volonté de placer l’agriculture au cœur de la stratégie de développement de la Diana. Il a annoncé que la réhabilitation de la route desservant Anketrakabe constitue une priorité afin de désenclaver cette importante zone de production. Il a également lancé un appel aux producteurs pour améliorer les rendements.

« Le maïs constitue une véritable richesse pour la région Diana, en particulier pour Anketrakabe. Nous pouvons en être fiers, mais la production reste encore insuffisante. Nous devons augmenter les rendements pour atteindre sept tonnes par hectare, contre quatre actuellement », a-t-il déclaré.

Au-delà des conférences techniques et des formations, cette troisième édition du Festival Tsakotsako se clôturera dans une ambiance festive avec des combats traditionnels de morengy et une soirée de bal populaire.

Raheriniaina

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