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| Les bouchers du Bazar Be dénoncent une baisse de leurs ventes malgré la conformité de leur viande. |
L’Organe mixte de conception (OMC) Atsimo Andrefana, présidé par le préfet de Toliara, a réaffirmé le 23 mai dernier que l’abattage des vaches et des petits ruminants femelles est interdit par la loi. Cette disposition est appuyée par l’arrêté préfectoral n°001/26/MID/PREF-U-SAN-EL et par la Direction régionale de l’Agriculture et de l’Élevage. Malgré ce rappel, la mesure a été difficilement respectée lors de la récente fête musulmane du sacrifice.
Célébrée jeudi et vendredi derniers, cette fête majeure du calendrier musulman a donné lieu à de nombreux abattages rituels de zébus et de petits ruminants. La viande a ensuite été distribuée aux proches, aux voisins ou aux familles dans le besoin. « Les animaux sont utilisés comme sacrifice et le rite repose notamment sur le partage de la viande », explique le sheikh Ismaël Rama, dirigeant chiite de la communauté musulmane à Toliara.
Selon lui, les animaux sont sélectionnés en fonction de leur âge, conformément aux prescriptions religieuses.
Contrôle difficile
Jeudi dernier, près de six cents chèvres ont été abattues sur un terrain à Antsihanaka, dans la commune rurale de Betsinjaka, près de Toliara. Du foin avait été répandu au sol afin d’absorber le sang. « Mon patron a acheté ces bêtes et m’a demandé de les garder ici jusqu’à l’heure de l’abattage», témoigne un homme présent sur les lieux.
Au marché de Scama, à Betania, la viande de zébu s’est vendue à 5 000 ariary le kilo jeudi soir et durant toute la journée du vendredi. Elle provenait en grande partie de dons effectués par des fidèles musulmans, ensuite revendus par certains bénéficiaires. La viande de chèvre s’est négociée à 4 000 ariary le kilo.
De Tsianaloka jusqu’au marché d’Antaninarenina, la viande a circulé en grande quantité. Le préfet de Toliara, Bruno Ibramdjee, rappelle pourtant que l’interdiction d’abattage des femelles s’applique également aux rites religieux.
Les viandes issues des circuits légaux sont soumises à des contrôles sanitaires stricts, contrairement à celles issues des abattages festifs. Les représentants de la communauté musulmane estiment, pour leur part, qu’il n’y a pas lieu de polémique. Ils affirment s’approvisionner auprès de vendeurs identifiés sur les marchés d’Andranomena, d’Andranovelona ou d’Andranovory.
« Cette fête n’a pas lieu tous les jours. Les éleveurs s’y préparent chaque année et mettent du bétail de côté. Nous achetons ces animaux pour les offrir en sacrifice», explique un fidèle. Selon lui, la distinction entre mâles et femelles relève avant tout des vendeurs, les acheteurs ne pouvant vérifier chaque animal.
Mirana Ihariliva
