ANTSIRANANA - L’ENSET exige un recrutement équitable

Les normaliens de l’ENSET d’Antsiranana ont obtenu gain de cause après plusieurs jours de manifestations. Un accord écrit prévoit le recrutement de cent diplômés dès le 5 juin.

Les manifestants ont contraint les autorités  à marcher à pied.

Après plusieurs jours de mobilisation et de manifestations dans les rues d’Antsiranana, les étudiants de l’École normale supérieure de l’enseignement technique (ENSET) d’Antsiranana ont obtenu des avancées majeures. Ils réclamaient notamment un recrutement plus équitable dans la fonction publique et une meilleure reconnaissance de leur statut. Leur mouvement a permis l’ouverture de négociations, qui ont débouché sur plusieurs mesures concrètes. 

Les étudiants de l’École normale supérieure de l’enseignement technique (ENSET) d’Antsiranana ont manifesté dans les rues pour réclamer leur intégration dans la fonction publique. Ils dénoncent le manque de solutions concrètes concernant leur recrutement, malgré une formation spécialisée destinée au système éducatif national.

L’ENSET forme des enseignants destinés aux écoles de formation des cadres ingénieurs et des formateurs de haut niveau, aux lycées techniques et aux collèges. Les étudiants demandent aux autorités de garantir l’égalité des chances entre les diplômés destinés à l’enseignement et de procéder à un recrutement transparent, juste et conforme à leurs qualifications, comme pour les autres sortants des écoles normales.

Intervention

« Si nous avons choisi de descendre dans la rue aujourd’hui, ce n’est pas pour perturber l’ordre public, mais parce que nos revendications sont restées trop longtemps sans réponse. Nous jugeons cette situation profondément injuste. En 2025, l’État a ouvert 789 postes budgétaires dans le secteur de l’enseignement, mais seulement sept ont été attribués aux diplômés de l’ENSET d’Antsiranana. Cette réalité illustre le manque de considération accordé à notre établissement et à ses diplômés», ont déclaré les porte-parole des manifestants. Dans le cadre de leur mouvement, les manifestants ont quitté le campus universitaire pour se rendre successivement auprès de plusieurs services administratifs, notamment les bureaux de la Cisco, de l’enseignement technique et professionnel et de l’Éducation nationale. Arrivés devant les locaux de cette dernière, ils se heurtent à des portes closes et à un important dispositif de sécurité.

La situation s’est brièvement tendue lorsque des pneus ont été incendiés devant le portail principal. L’intervention du préfet d’Antsiranana, Lucien Mananjara, a toutefois permis de rétablir le dialogue et d’éviter toute escalade. Après plusieurs échanges, les étudiants ont accepté de regagner l’université afin de poursuivre les discussions dans un cadre plus apaisé.

Au cours des négociations organisées au « Demi-Tonneau », plusieurs personnalités ont apporté leur soutien aux revendications estudiantines. Le professeur titulaire émérite André Totohasina, figure historique de l’implantation de l’ENSET à Antsiranana, a notamment rappelé que l’établissement dispose du même statut que l’École nationale supérieure (ENS).

Face à cette contestation, les représentants de l’administration ont mis en avant les contraintes budgétaires auxquelles l’État est confronté. Des arguments que les étudiants ont estimés insuffisants au regard des besoins du secteur éducatif et du nombre croissant d’enseignants qualifiés en attente de recrutement.

Les discussions ont finalement abouti à un accord écrit entre les représentants des étudiants et ceux du ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Parmi les mesures annoncées figurent le recrutement de cent diplômés de l’établissement dès le 5 juin 2026, l’attribution d’un quota de 57,5 % aux diplômés de l’établissement lors des prochains recrutements.

Raheriniaina

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