SANTÉ - Le tabagisme gagne du terrain

Un fumeur de cigarette.

Les points de vente de cigarettes se multiplient. Au-delà des épiceries, presque tous les arrêts de bus sont désormais occupés par de petits commerces de tabac. « Ce point de vente s’avère particulièrement lucratif. La quasi-totalité des chauffeurs et receveurs de bus comptent parmi nos clients réguliers », avance Lindah Ramarofetra, commerçante dans un kiosque à Mahazo. Des épiciers remarquent aussi cette augmentation des consommateurs. Plus préoccupant encore, l’apparition d’une nouvelle clientèle attire l’attention. « Outre ces consommateurs habituels, la cigarette recrute massivement chez les jeunes, dont le budget limité oriente le choix vers ces produits d’entrée de gamme qui se vendent à 250 ariary la tige », note Romuald Désiré, épicier à Ankadindramamy.

Selon une analyse de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une hausse des prix de 10 % entraîne une baisse d’environ 4 % de la consommation dans les pays à revenu élevé, et d’environ 5 % dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Selon des consommateurs, ils préfèrent de loin sauter un repas que de ne pas consommer de cigarettes.

Triste record

La lutte contre le tabagisme est encore loin d’être gagnée pour Madagascar. Le pays détient le triste record du taux de tabagisme le plus élevé en Afrique, avec 27,8 %, selon un rapport publié par la plateforme américaine Wisevoter, en 2024. Environ 38,7 % des hommes et 14,8 % des femmes âgées de 15 à 49 ans consomment au moins une forme de tabac, selon les chiffres partagés par les officiels lors de la célébration de la Journée mondiale de la lutte contre le tabagisme, à Antsiranana, le 31 mai.

Madagascar dispose d’un nombre restreint de centres de sevrage publics et privés. Ils sont largement insuffisants pour couvrir les besoins de la population. Environ 8000 personnes perdent la vie chaque année à cause du tabac, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Miangaly Ralitera

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