PROJET MINIER - Des émissaires américains arrivent à Madagascar

Une délégation de hauts responsables américains a rencontré le Chef de l’État et le président de l’Assemblée nationale, hier. Selon ce dernier, le projet Vara Mada a fait partie des sujets de discussion.

Une  photo prise à l’issue de la rencontre entre le Chef de l’État, le Premier ministre  et la délégation américaine, hier, à Iavoloha.

Le renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays. C’est en ces termes relativement laconiques que la Présidence de la Refondation de la République explique l’objet de la rencontre entre le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, et une délégation de hauts responsables américains, hier, au palais d’État d’Iavoloha. Une rencontre à laquelle Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, a également pris part.

Nick Checker, sous-secrétaire d’État adjoint chargé des affaires africaines, et Christopher Kulukundis, haut conseiller pour l’Afrique, composent cette délégation. « Les discussions ont porté sur l’identification d’opportunités concrètes pour élargir la coopération bilatérale dans des domaines d’intérêt commun, offrant des bénéfices tangibles aux deux pays», rapporte le communiqué de l’ambassade des États-Unis sur cette rencontre à Iavoloha.

La délégation américaine a également rencontré Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale. « C’est une délégation venant de Washington, envoyée par Trump [Donald Trump, président américain] pour parler du projet Vara Mada. Ils ont mis en avant le fait qu’il s’agit d’un projet d’envergure pour Madagascar. Ils ont parlé des retombées financières qu’il engendrera», rapporte le patron de la Chambre basse, tout en réaffirmant son opposition à ce projet minier.

Questionnée par mail afin d’avoir de plus amples informations sur cette visite des deux responsables américains à Madagascar, l’ambassade des États-Unis n’avait pas répondu jusqu’à l’heure de mettre sous presse. Si, comme l’indique le président de l’institution de Tsimbazaza, Vara Mada a été le principal objet de ses échanges avec les émissaires de Washington, cela indique que le projet constitue un dossier important dans les relations bilatérales entre Madagascar et les États-Unis.

Prudence

Le dossier Vara Mada a déjà figuré parmi les sujets discutés entre le Premier ministre Rajaonarison et Christopher Landau, secrétaire d’État adjoint américain, lors de leur rencontre à Washington, en avril. Dans un court communiqué, le Département d’État américain indique que cette rencontre a été l’occasion « de mettre en avant leur engagement à développer les opportunités de commerce et d’investissement, le projet minier de terres rares Vara Mada inclus ». Ce qui pourrait expliquer la présence du chef du gouvernement durant la rencontre d’Iavoloha, hier.

Établir un partenariat privilégié sur l’exploitation des ressources minières stratégiques est l’un des principaux objectifs de l’administration Trump dans sa politique diplomatique vis-à-vis des États africains. Une approche politique qui s’accompagne généralement d’une communication franche et directe de la part de Washington. Les missives sur les rencontres d’hier laissent entrevoir une certaine prudence, en évitant de parler directement du projet Vara Mada.

Les enjeux sociaux et politiques de ce projet minier pourraient expliquer cette prudence. Porté par le groupe américain Energy Fuels, le projet Vara Mada compte exploiter le site de Ranobe, à 46 kilomètres de Toliara, dans la région Atsimo-Andrefana. Il s’agit du plus important investissement américain à Madagascar jusqu’ici. Il fait cependant face à la résistance de la population locale. Une opposition ayant engendré des affrontements violents avec les forces de l’ordre et ayant fait vaciller l’ancienne administration étatique.

Questionné sur sa position sur le projet Vara Mada durant son émission spéciale diffusée le 31 mai, le Chef de l’État avait indiqué qu’il pose quatre conditions aux investisseurs. Il s’agit de l’apport d’investissements directs étrangers, de la création d’emplois, du respect de l’environnement et de la bonne cohabitation avec la population locale. 

« Charge à eux de remplir ces quatre conditions et tout ira bien », a-t-il déclaré.

Garry Fabrice Ranaivoson

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