Le troisième président du club de volley-ball ASI, Martin Rabesalama, nous dévoile la clé de la réussite et les coulisses d’un club qui compte vingt-deux titres nationaux, toutes catégories confondues.
Comment faites-vous pour survivre à notre époque, en tant que club civil ?
Créé en 2009, notre club compte aujourd’hui toutes les catégories, des U13 aux adultes en 1re division. Il a fallu mettre en place une bonne coordination et confier des responsabilités pour la gestion de chaque catégorie, tout en veillant au respect de la discipline interne. Les cotisations des joueurs constituent notre principale source de financement. Elles étaient auparavant fixées à 20 000 ariary par joueur et par an, mais nous avons dû les porter à 40 000 ariary, à la suite d’une décision prise par l’assemblée générale pour cette saison. Ces cotisations permettent au moins de couvrir les droits d’engagement aux championnats, qui s’élèvent à 300 000 ariary pour la D1 et à un peu moins pour les autres catégories. Les coachs prennent en charge les droits d’arbitrage, fixés à 10 000 ariary par match. Cette organisation a aussi un point positif : elle responsabilise les parents et les joueurs, les implique davantage dans la vie du club et les pousse à fournir plus d’efforts pour chercher la victoire.
Pouvez-vous donner une petite idée sur vos principales dépenses ?
Nous investissons beaucoup pour les championnats en province dans le transport, l’hébergement, la restauration et le rafraîchissement, outre les droits d’engagement. Je prends l’exemple des prochains championnats nationaux U13 et U17 à Fianarantsoa. Pour une délégation de vingt personnes, y compris les coachs, il nous faut 5 millions d’ariary pour une durée de dix jours. Des fois, ce budget s’élève à 6 millions. Les membres de la délégation supportent les dépenses d’environ 250 000 ariary par personne. D’habitude, des parents nous proposent une maison d’hôtes d’une famille à moindre coût. Il serait également faisable de négocier une grande chambre d’hôtel. Nous sollicitons des prestataires pour s’occuper de la restauration. Pour le transport, nous louons un taxi-brousse. Pour le rafraîchissement, nous avons un partenariat à moindre coût.
Après la vingtaine de titres nationaux, quels seront vos prochains objectifs ?
Pendant des années, notre ambition était de surclasser la GNVB. Désormais, nous visons plus loin : marquer l’histoire lors de la prochaine Coupe des clubs de la zone 7, remporter le titre ou, au moins, réaliser le meilleur parcours possible. Mais il faut d’abord réussir les championnats d’Analamanga et de Madagascar. Ce n’est là que l’aspect sportif. Nous misons surtout sur l’éducation, la discipline sur le terrain et dans la vie en général, à commencer par la ponctualité. La discipline est la force d’une équipe. Lors du service national, à l’époque, on nous a appris que « la discipline est la force des armées ». Le volley n’est pas seulement un sport. Pour nous, sa pratique est aussi une école pour réussir dans la vie.
Pouvez-vous donner des statistiques sur les membres du club ?
Nous sommes actuellement à deux cent soixante-dix licenciés, toutes catégories confondues, sans compter ceux de l’école de volley. Les nouveaux passent d’abord par l’école pour travailler les fondamentaux avant d’intégrer les différentes catégories. Huit coachs assurent l’encadrement. Ces derniers ont le potentiel et l’expérience, la preuve avec les résultats obtenus jusqu’ici, tout en restant humbles. Nous incitons les jeunes à nous rejoindre. Étant un petit club financièrement, nous ne pouvons pas encore payer les droits de mutation, qui s’élèvent parfois à 1 600 000 ariary ou même plus. C’est au joueur qui veut intégrer le club de régler ces droits.
Serge Rasanda
