MAHAJANGA - Des squatters campent sur la plage d’Antsahabingo


Les agents de la municipalité ont sommé les squatters de partir du village touristique.

À Mahajanga, certaines plages sont à nouveau utilisées comme lieux d’habitation par des occupants irréguliers. Cette situation, déjà observée par le passé, suscite des préoccupations auprès des autorités locales.

Depuis le mois de mai, près d’une centaine de personnes, parmi lesquelles des enfants et des adultes, occupent illégalement la plage située à l’embouchure d’Antsahabingo, dans le village touristique. À en juger par les pirogues et les boutres présents à proximité, il s’agirait principalement de familles de pêcheurs.

Les nomades, originaires du Sud pour la majorité, ont construit un campement de fortune avec des toiles en sachets plastiques, en matériaux végétaux ou en lambahoany en guise d’abris sommaires. Ces installations précaires leur servent à se protéger du soleil pendant la journée ainsi que du vent et du froid durant la nuit.

Face à cette occupation non autorisée, des agents de la police municipale de la Commune urbaine de Mahajanga se sont rendus sur place pour exiger l’évacuation des lieux. Un ultimatum leur a été accordé jusqu’à dimanche après-midi afin de quitter la plage et de procéder au nettoyage du site. Toutefois, hier encore, les occupants étaient toujours présents à Antsahabingo.

« Nous avons fixé le délai à dimanche après-midi pour évacuer les lieux et les nettoyer avant de partir. Les autorités vont devoir appliquer la loi à ces occupants illicites. Mahajanga est un État de droit et des autorités sont présentes », a déclaré un agent de la police municipale.

La présence d’individus ou de campements sauvages sur la plage du village touristique soulève par ailleurs d’importantes préoccupations en matière de sécurité et de préservation de l’environnement.

Pollution

Les occupants du campement utilisent également la plage pour leurs besoins quotidiens, notamment pour leur toilette. Les défécations à l’air libre, combinées aux déchets ménagers et à d’autres sources de pollution, contribuent à la dégradation de l’environnement sur le site. Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à s’être installés dans le village touristique. Un autre groupe a pris place le long de la jetée du quai Schneider, à l’opposé d’Antsahabingo, à proximité d’un hôtel-restaurant.

Chaque année, les plages de Mahajanga, dont la petite plage d’Amborovy, sont transformées en station de bivouac pour ces pêcheurs nomades. En 2024, près de deux cents pêcheurs s’étaient installés illégalement sur la petite plage d’Amborovy. L’Organe mixte de conception élargie s’était réuni pour trouver une solution face à l’occupation illicite de la petite plage d’Amborovy.

Après une descente sur place, la commission a décidé de les relocaliser plus au Nord de la petite plage, pour laisser la station balnéaire disponible aux vacanciers et aux touristes. Rappelons que ces individus n’avaient pas l’intention de quitter les lieux avant le mois d’août 2024. Et la situation actuelle pourrait aussi ressembler à celle de la petite plage.

La situation observée actuellement à Antsahabingo pourrait ainsi rappeler celle vécue à Amborovy. Sans domicile fixe, ces pêcheurs sillonnent habituellement la côte Ouest au gré des saisons de pêche. Généralement établis à Ambalamanga, ils commencent leurs déplacements à partir du mois de mai.

Vero Andrianarisoa

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