La région Diana a célébré la Journée mondiale de l’environnement à Ramena. Cette destination balnéaire est aujourd’hui confrontée à une dégradation préoccupante de son littoral.
| La célébration régionale a vu la présence des autorités régionales conduites par le préfet Lucien Mananjara. |
D’un point de vue environnemental, Ramena se situe dans un espace littoral particulièrement sensible, exposé à la pression des déchets, aux effets de la fréquentation humaine, aux usages parfois peu maîtrisés du littoral et aux transformations progressives des milieux côtiers. Cette sensibilité justifie qu’il soit retenu comme lieu de démonstration et de mobilisation pour une action environnementale visible et fédératrice.
Sur le plan social et économique, Ramena concentre des activités étroitement dépendantes de la qualité des milieux marins et côtiers, en particulier la pêche, le tourisme et les services associés. Toute dégradation de l’environnement s’y traduit rapidement par une perte de qualité paysagère, une baisse de l’attractivité du site, une fragilisation des usages et une augmentation des coûts supportés par les communautés locales.
Les actions ont débuté, le 4 juin, par une opération de repeuplement de mangroves sur le littoral du fokontany d’Ankorikihely pour redonner souffle à un rempart naturel longtemps négligé. L’initiative a mobilisé de nombreux participants issus de différents secteurs. Au total, 3 700 plantules de mangrove de quatre espèces différentes, à majorité « Rhizophora mucronata », connue sous l’appellation locale « Honko lahy », et « Ceriops tagal» ou « Honko vavy », ont été enfoncées avec soin dans un espace déjà sélectionné de quatre hectares.
Après cette première activité, une course de pirogues a été organisée avec la participation des jeunes pêcheurs de Ramena, donnant à la célébration une dimension à la fois environnementale, communautaire et culturelle.
Opération
La deuxième journée a été consacrée à une opération de nettoyage de la plage et de ses environs, soumis à des pressions croissantes. Une action jugée nécessaire au regard de l’accumulation importante de déchets et de matières plastiques sur le site. Selon les chiffres communiqués par la direction régionale de l’environnement et du développement durable (DREDD), en collaboration avec ses partenaires, 350 kg de déchets ont été collectés en deux heures d’activité durant cette célébration. Dans le détail, 105 kg étaient constitués de sachets plastiques, 160 kg de bouteilles en plastique et 85 kg de matières plastiques rigides.
Dans son intervention, le maire de la commune rurale de Ramena, Tavandra Bemamory, a rappelé que la commune dispose déjà d’une décharge destinée aux déchets, ainsi que d’équipements pour leur évacuation. Il a également souligné l’existence d’un partenariat permettant de consacrer la journée du samedi à la collecte et au transport des déchets. Toutefois, selon lui, le véritable problème réside surtout dans le comportement de certains habitants, qui continuent à jeter leurs ordures dans des lieux inappropriés.
Il a profité de l’occasion pour dénoncer une situation qu’il considère comme une honte pour la commune, notamment lorsque des visiteurs découvrent des déchets accumulés dans des espaces publics. Il a insisté sur la nécessité d’un changement de mentalité afin de préserver l’image de Ramena.
« La propreté ne doit pas dépendre uniquement des ONG, des programmes ou des financements extérieurs. Elle nécessite un changement de mentalité des habitants. Une plage propre et une mer préservée sont vitales pour Ramena, dont l’économie repose essentiellement sur la pêche et le tourisme », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé qu’une délibération communale prévoit déjà une amende de 50 000 ariary contre toute personne surprise en train de jeter des déchets dans un endroit interdit. Mais cette mesure n’aurait pas suffi à décourager certains comportements, notamment durant la nuit.
Raheriniaina