JEAN SYDNEY PIERRE, VICE-MINISTRE DU TOURISME MAURICIEN  - « La réputation touristique d’un pays se construit »

Le vice-ministre du Tourisme mauricien, Jean Sydney Pierre, partage les clés du succès de son pays et livre sa vision du potentiel touristique de Madagascar.

Jean Sydney Pierre, vice-ministre du Tourisme mauricien.

Quels sont les principaux facteurs qui expliquent le succès touristique de l’île Maurice ?

Le tourisme mauricien s’est développé au début des années 1970. Cela fait aujourd’hui près d’un demi-siècle que nous avons commencé à bâtir cette industrie, notamment avec l’implantation de quelques hôtels sur le littoral. Très vite, l’hospitalité légendaire de l’île Maurice a contribué à la renommée du pays.

Nous constatons que de nombreux visiteurs reviennent chaque année. Bien sûr, ils apprécient nos plages, mais ils reviennent surtout pour retrouver les personnes qui les ont accueillis. Cette hospitalité est authentique, elle n’est pas fabriquée. Les Mauriciens aiment accueillir, partager et donner le meilleur d’eux-mêmes.

Au fil des années, nous avons également misé sur la qualité des services. Des professionnels venus de différentes régions du monde ont contribué au développement du secteur. Nous avons toujours cherché à observer ce qui se fait ailleurs, à apprendre des meilleures pratiques internationales et à les adapter à notre réalité.

La diversité culturelle mauricienne a-t-elle également contribué à cette réussite ?

L’une des grandes richesses de Maurice réside aussi dans sa diversité culturelle. Nous sommes un pays de peuplement. Dans un petit périmètre, il est possible de trouver une mosquée, un temple, une pagode et une église chrétienne. Cette proximité illustre la coexistence harmonieuse de communautés aux cultures, traditions et croyances différentes. Au fil des années, cette diversité est devenue l’une des principales forces du pays. Elle a forgé l’identité mauricienne. Cette richesse culturelle constitue également un atout touristique majeur, car elle offre aux visiteurs une expérience authentique et unique au cœur de l’océan Indien.

Quel regard portez-vous sur la coopération touristique entre Maurice et Madagascar ?

Je suis un fervent partisan de la collaboration régionale. Auparavant, j’ai travaillé pendant trente-six ans dans l’industrie hôtelière. Cette carrière m’a convaincu de l’importance de la coopération. J’ai toujours soutenu l’association des Îles Vanille, qui regroupe les îles de l’océan Indien, notamment Madagascar, La Réunion, les Comores, Mayotte, Maurice et les Seychelles. L’objectif est de positionner notre région comme l’une des plus belles destinations touristiques au monde.

Je suis persuadé qu’un effet multiplicateur peut être obtenu grâce à cette collaboration. Lors du salon ITM, nous avons eu des échanges très constructifs. Nous avons des choses à apprendre de Madagascar, tout comme nous avons des expériences à partager. Nous pouvons notamment transmettre les leçons tirées de nos réussites, mais aussi de nos erreurs, afin que Madagascar puisse avancer plus rapidement.

Quels conseils donneriez-vous aux opérateurs touristiques malgaches pour renforcer l’attractivité de la destination ?

Madagascar possède l’une des biodiversités les plus riches et les plus uniques au monde.

L’un des éléments essentiels est la gestion de la réputation. Il est important de parler de Madagascar, de valoriser ses atouts et de faire connaître ses richesses. Le pays dispose de paysages exceptionnels, de magnifiques plages et d’un patrimoine naturel unique.

Quelle place accordez-vous à l’expertise internationale dans le développement du tourisme ?

Il ne faut pas hésiter à faire appel à des experts. À Maurice, nous avons également sollicité des compétences extérieures. Personnellement, je continue d’apprendre chaque jour. Une journée sans apprentissage est une journée perdue. Demander de l’aide n’a rien de négatif.

Il est important de s’entourer de spécialistes dans tous les domaines.

Madagascar a tous les atouts pour réussir, mais elle a besoin d’accompagnement, de conseils et d’expertise pour accélérer son développement touristique. Je suis convaincu que le tourisme peut devenir l’un des piliers les plus importants de l’économie malgache.

Êtes-vous optimiste quant à l’avenir du tourisme malgache ?

Absolument. Madagascar est une force tranquille. Elle a tout pour réussir. Avec ses richesses naturelles exceptionnelles et une véritable volonté de faire du tourisme un pilier de son économie, le pays peut renforcer sa visibilité sur la carte mondiale du tourisme.

L’exemple de Maurice montre qu’un développement progressif et constant est possible. En 2025, nous avons accueilli 1,436 million de touristes, avec une croissance annuelle comprise entre 3 % et 5 %.

Nous observons également une présence croissante de travailleurs malgaches à Maurice. Lorsqu’une personne quitte Madagascar pour acquérir de l’expérience à l’étranger, il faut aussi y voir une opportunité. Ces expériences permettent de développer des compétences qui pourront, à terme, contribuer au développement du pays et de son industrie touristique.

 Mialisoa Ida 

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