Une partie de la RN 13 reliant Ihosy à Tolagnaro a été inaugurée samedi par le président de la Refondation. La portion Ambovombe-Tolagnaro longue de 113 km se fait désormais en 3 heures alors qu’il fallait des jours auparavant. Mais le gros du morceau, en l’occurrence Ihosy-Ambovombe, 434 kilomètres, le président de la Refondation a promis à la population de trouver l’argent qu’il faut pour financer les travaux. Par ailleurs, le chantier sur la RN 10 Ambovombe-Andranovory, 512 km, avance normalement. Les travaux sont financés par la Banque mondiale.
Le rêve de Ratsiraka de construire la route de la Concorde faisant le tour de l’île, reprise par Rajoelina qui l’a rebaptisée route de l’Amitié, devient ainsi petit à petit une réalité. Grâce aux bailleurs de fonds.
Les dirigeants successifs sont enclins à s’approprier la paternité de ces infrastructures routières. Andry Rajoelina avait inauguré la RN 9 entre Toliara et Morombe alors que son prédécesseur l’avait déjà fait et que le projet a été adopté plusieurs années auparavant. Il avait fait de même lors de la pose de la première pierre des travaux de la RN 5 reliant Vohémar-Ambilobe (155 km) financé par un prêt chinois.
Samedi, le colonel Randrianirina a tenu à rappeler que la signature du projet financé par l’Union européenne (UE) et la Banque européenne d’investissement (BEI) a été effectuée par le président Hery Rajaonarimampianina et lui-même en tant que chef de région d’Anosy.
À Antananarivo, la rocade Iarivo a été financée par l’UE et la BEI et l’Agence française de développement (AFD), le By-pass par le Japon, la rocade Tsarasaotra par la BEI et l’AFD.
La voie rapide Tana-Toamasina, d’un coût total de 930 millions de dollars, dont 350 millions de dollars de la Badea, 60 millions de dollars d’un Fonds d’Abou Dhabi et 20% de l’État.
Comme on le voit, sans l’appui des bailleurs de fonds, les routes nationales n’existent même pas. Il est clair que, dans ce domaine, la souveraineté tant rabâchée n’a pas sa place. Les diplomates, auteurs de propos gênants, se font tirer l’oreille alors que leur pays finance tous les projets de développement.
Bien sûr qu’on a absolument les moyens de nous en charger concernant les projets routiers. Le dernier rapport de la Cour des comptes a montré que l’État gaspille l’argent des contribuables dans l’achat de carburant pour des projets improductifs, des primes aux agents des ministères ou des hauts fonctionnaires de l’État pour bons et loyaux services.
Visiblement, on fait fausse route en s’appuyant essentiellement sur les bailleurs de fonds dont le prêt est à rembourser sur des années. Il y a du chemin à faire.
Sylvain Ranjalahy