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| Des déchets électroniques vendus à Ampefiloha. |
À Ampefiloha, le marché des déchets électroniques ne désemplit pas. Chaque jour, une foule s’y bouscule. D’un côté, ceux qui viennent brader de vieux téléphones, des téléviseurs en panne, des ordinateurs obsolètes ou encore des lampes. De l’autre, les chasseurs de bonnes affaires en quête de la pièce détachée d’occasion rare. Rien ne se perd dans ce marché improvisé d’Ampefiloha. Ils récupèrent toutes les pièces. « Les cartes mères, nous les revendons directement à une société chinoise. Pour le reste, c’est du cas par cas : les batteries de téléphones sont cédées à l’unité, tandis que les écrans et les carcasses trouvent preneurs auprès de réparateurs ou de particuliers à l’affût de pièces de rechange», relate Jean Jacques, un autre commerçant.
Le marché est juteux. Romain, commerçant sur place, en témoigne avec le sourire. « Si le stock suit, je peux écouler jusqu’à deux cents cartes mères en une seule journée. En réalité, c’est l’offre qui manque, pas la demande !»
Provenance mystérieuse
Pour maximiser leurs gains, tout est trié au peigne fin. Les cartes mères sont revendues en gros à une société chinoise au prix fort de 12 000 ariary l’unité. Le reste est vendu au détail : les batteries partent entre 2 000 et 3 000 ariary, tandis que les écrans et les carcasses trouvent preneurs pour 1 500 ariary auprès des bricoleurs de passage.
La provenance de ces appareils reste totalement mystérieuse et suscite bien des doutes. « On les achète ici même, il y a des gens qui viennent ici pour en vendre», indiquent les vendeurs. Malgré cette opacité qui éveille de sérieux soupçons de vol, les vendeurs ne s’en inquiètent pas le moins du monde. Ils ont trouvé l’astuce imparable pour échapper à toute inculpation.
« Pour écarter tout risque lié au recel, on désosse les téléphones dès qu’on les récupère », confie Romain, qui affirme ainsi désosser pas moins de soixante-dix téléphones par jour.
En tout cas, ils sont tranquilles. Aucune fouille pour suspicion de vol ne s’y opérerait. Quoi qu’il en soit, ce marché fait vivre de nombreuses familles. Ils sont des dizaines à exercer ce métier qu’ils ont appris sur le tas, en parfaits autodidactes. « Je gagne au moins 30 000 ariary par jour ici, ce qui me permet de subvenir aux besoins des miens », confie Ramika, un jeune père de famille.
Revers de la médaille: l’endroit est d’une saleté repoussante et pollue de plein fouet le quartier d’Ampefiloha.
Miangaly Ralitera
