Mes chers albums de Tintin existent en format 17 x 22 cm (à peine plus encombrant qu’un iPad mini). Plutôt à 7 qu’à 77 ans, tous les écoliers devraient pouvoir en lire : bibliothèques municipales, bibliobus, musettes emplies de livres qu’un bénévole promène sur son mulet, de village en village... Il n’y a pas que les consoles, les tablettes ou les liseuses dans la vie. J’aime bien cette planche qui essaie de convertir un jeune de la «gen Z» à la lecture : «Pas besoin d’appuyer sur ON, et il ne s’éteint jamais»...
À 7 ans, ce fut à «La Librairie de Madagascar» d’Analakely que je découvris mes premiers Tintin, au format 22 x 30 cm. Plus de 40 ans plus tard, avec plaisir mêlé de tendresse, j’en avais retrouvé à «La Librairie de Madagascar» de Majunga. Et je les ai achetés, pour le plaisir. Beaucoup pour le souvenir, aussi. Ma dernière visite dans le Boina remonte un peu, parce que la RN4 n’était alors plus une route mais un vrai scandale, mais, la librairie était portes closes.
Maintenant que je suis beaucoup plus proche de 77 que de 7 ans, je peux bien conseiller les enfants :
il reste toujours quelque chose de la lecture d’un livre, «Bibliothèque rose», «Bibliothèque verte» voire «Série Noire». Une certaine génération avait pu être Naruto et Dragon Ball, qui existeraient également en «Bibliothèque verte». Mon époque inclinait plutôt pour «Le club des Cinq», «Les Six Compagnons», «Buffalo Bill». Encore merci à la bibliothèque du Petit Collège à Saint-Michel.
À 7 ans, plutôt offrir à lire Tintin. Nous connaissions par coeur le titre et le dessin de couverture de chacun des albums dont les vignettes donnaient envie en quatrième page de couverture. Il fallait avoir lu «Les 7 boules de cristal» pour comprendre «Le Temple du soleil». Savoir que le capitaine Haddock n’apparaît que dans «Le crabe aux pinces d’or» (N°8) tandis que les Dupont-Dupond étaient là dès la première case du tout premier opus, «Tintin au Congo». Se souvenir que Rastapopoulos revient dans quatre des vingt-deux albums qui décoraient originellement la dernière page : hors «Au Pays des soviets», «L’alph-art» ou «Le lac aux requins».
Un seul livre, pour tout un monde, de souvenirs, d’évocations. Tintin pour apprendre le français, mais plutôt Astérix pour imiter le trait d’Albert Uderzo. Un rite de passage pour continuer avec les dessins moins «kawaii» de Bob Morane, Buck Danny, Blueberry. À 77 ans, vers l’infini, et au-delà.
Nasolo-Valiavo Andriamihaja