Les crimes visant les albinos continuent, souvent jusqu’au meurtre. Trente victimes ont perdu la vie en trois ans.
Au cours des trois dernières années, le pays a connu une série de crimes barbares contre les personnes atteintes d’albinisme. Trente d’entre elles, majoritairement des enfants, ont été tuées dans des circonstances atroces. En tout, quatre-vingt-douze enlèvements ont été recensés sur cette période, avec un enfant porté disparu dont on reste sans nouvelles.
Fulgence Soja Ramiandrisoa, président de l’association des albinos de Madagascar, avait révélé des données en février 2026 ; elles ont depuis été mises à jour avec de nouveaux cas.
Le drame le plus récent a mis en émoi la ville de Toliara. Dans la nuit du 30 mai, le corps de Landricia, surnommée « Cia », une fillette albinos âgée d’un an et demi, a été retrouvé dans le fokontany Antsihanaka, commune de Betsinjaka. La petite avait été enlevée quelques jours plus tôt à Ankalika, sous les yeux de ses parents.
Les ravisseurs ont pénétré de force dans la maison vers 1h du matin. Le père, vigile de profession, a tenté de s’opposer, mais a été agressé et laissé inconscient. Grièvement blessé, il est actuellement hospitalisé. Les malfaiteurs ont emmené l’enfant, laissant un téléphone portable tombé sur les lieux, remis ensuite à la police.
Après trois jours de recherches et d’appels à la vigilance sur les réseaux sociaux, la fillette a été retrouvée morte, décapitée, son corps enterré dans la cour d’un homme présenté comme chaman. Sa tête demeure introuvable. Six suspects ont été arrêtés et l’enquête se poursuit pour identifier les commanditaires de ce crime. L’émotion est immense et la peur gagne les familles de personnes atteintes d’albinisme, déjà confrontées à la stigmatisation.
Gustave Mparany
Atroce
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