CARBURANTS - Le gouvernement maintient le prix

Dans un contexte marqué par la hausse des prix mondiaux de l’énergie, Madagascar choisit de maintenir, pour le moment, les prix du carburant à la pompe. Une décision assumée par l’État qui privilégie la stabilisation des prix au détriment d’une adaptation immédiate aux fluctuations internationales.

« Dans le monde, les prix augmentent déjà, mais nous essayons encore de maintenir les prix chez nous afin de protéger la population », a expliqué le docteur Herinjatovo Ramiarison, ministre de l’Économie et des Finances, hier à l’Assemblée nationale.

Le grand argentier a indiqué que l’État poursuit sa politique de stabilité des prix des carburants, malgré les tensions sur le marché international. Cette politique de stabilisation repose sur un mécanisme de subvention que l’État assume pour absorber l’écart entre le prix réel du carburant et celui payé par les consommateurs. Environ 419 milliards d’ariary sont ainsi mobilisés pour financer ces compensations, en fonction de l’évolution des prix internationaux.

« L’objectif est que le prix du carburant puisse diminuer. Dans le cas contraire, nous verrons s’il faut augmenter, maintenir ou trouver d’autres solutions pour absorber l’écart », a précisé le ministre.

Pour l’heure, aucune décision n’est prise concernant une hausse ou une baisse des prix à la pompe. « Nous ne parlons pas encore d’une hausse ou d’une baisse du prix du carburant. Le prix n’a pas encore évolué, et le gouvernement poursuit encore ses réflexions sur la meilleure décision à prendre », a-t-il ajouté.

Cette stratégie intervient dans un contexte économique fragile, marqué par une faible création d’emplois et des revenus limités, ce qui rend la question du pouvoir d’achat particulièrement sensible.

Le Dr Herinjatovo Ramiarison souligne également que plusieurs facteurs internationaux continuent de peser sur l’économie, notamment les tensions géopolitiques liées au Moyen-Orient, qui influencent les marchés de l’énergie.

Dans ce contexte, le maintien des prix du carburant apparaît comme une mesure de protection sociale, mais aussi comme une charge importante pour les finances publiques, qui doivent absorber le manque à gagner via des mécanismes de compensation.

Ihariana Sarobidy

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