ANTANINARENINA - Des vendeurs d’art animent les trottoirs

Chaque jour, des tableaux malagasy colorent un trottoir d’Antaninarenina. Vendus entre 100 000 et 300 000 ariary, chacun attire touristes et locaux, mais l’activité reste fragile face aux aléas des passages et aux tensions avec la mairie.

Depuis une vingtaine d’années, un petit espace du trottoir d’Antaninarenina, quartier très fréquenté de la capitale, se transforme en galerie d’art à ciel ouvert. Des œuvres malgaches y sont accrochées sur les murs longeant la rue, offrant une vitrine artistique improvisée aux passants. Parmi les vendeurs présents, M. Barthélémy expose ses tableaux à des prix variant de 100 000 à 300 000 ariary selon la taille, les finitions et les modèles représentés. Cette activité, qui repose entièrement sur l’attention des clients potentiels, constitue sa principale source de revenus.

Les ventes restent toutefois très irrégulières. M. Barthélémy écoule en moyenne deux tableaux par jour, mais certaines journées n’apportent aucune vente. « Parfois, on vend deux tableaux dans la journée, parfois rien du tout. Cela dépend des clients qui passent », explique-t-il. Les touristes forment l’essentiel de sa clientèle, bien que quelques acheteurs locaux se manifestent de façon moins fréquente.

L’installation, bien que quotidienne, n’est jamais assurée. Malgré le paiement de tickets de marché chaque jour, les autorités communales demandent régulièrement aux vendeurs de quitter les lieux. « Nous payons des tickets chaque jour, mais parfois on nous demande quand même de partir », souligne M. Barthélémy, illustrant les contraintes récurrentes d’une activité exercée dans l’espace public.

Au-delà de leur valeur esthétique, ces tableaux de trottoir traduisent une réalité urbaine faite d’adaptation et de persévérance. Dans ce lieu de passage, les vendeurs tentent de maintenir leur activité quotidienne en s’appuyant sur le regard des passants. Entre jours de vente et jours sans revenus, ce coin d’Antaninarenina reflète un équilibre fragile où l’art et la nécessité économique se rencontrent.

Fanilo Mampianintsoa

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