Les vagues d’intoxication alimentaire s’enchaînent. Andranoro, à Antehiroka, en est le nouveau foyer.
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| Dans un service des urgences d’un hôpital de la capitale. |
Nouvelle alerte sanitaire à Antananarivo. Les hôpitaux de la capitale sont à nouveau submergés par une vague d’intoxication alimentaire. Hier, soixante-sept habitants d’Andranoro, dans la commune d’Antehiroka, district d’Ambohidratrimo, ont dû être admis en urgence dans des centres hospitaliers universitaires (CHU). Le CHU Joseph Ravoahangy Andrianavalona (JRA) a accueilli 34 patients et le CHU d’Anosiala a pris en charge les 33 autres victimes, selon les informations partagées par une source auprès du ministère de la Santé publique, hier soir. Deux des victimes se trouvent dans un état grave, selon ses précisions. Deux femmes enceintes figurent également parmi les malades.
Selon les premières hypothèses, l’utilisation d’une huile de palme en vrac de « mauvaise qualité » serait à l’origine de l’intoxication. « Plusieurs victimes avaient consommé du “composé” chez une vendeuse locale auprès de qui elles ont l’habitude de s’approvisionner. N’ayant pas trouvé son huile de friture ordinaire, la commerçante a dû se tourner vers un autre produit. Les soupçons se portent sur cette nouvelle huile, car l’intoxication ne touchait pas que les personnes qui ont consommé du composé chez cette gargotière », explique notre source. La vendeuse de « composé » elle-même, ainsi que l’un de ses enfants, figurent parmi les patients hospitalisés.
Pris en charge
La commune rurale d’Antehiroka précise que la cause de l’intoxication demeure incertaine à ce stade et que les pistes de l’huile de cuisson et des œufs sont toutes deux envisagées. « Toute personne présentant des maux de tête, des étourdissements, des maux de ventre ou des symptômes inhabituels, surtout si elle a consommé ou utilisé de l’huile, est invitée à consulter d’urgence un médecin ou à se diriger vers l’hôpital le plus proche », conseille-t-elle aux habitants d’Antehiroka.
Les victimes sont arrivées petit à petit dans les hôpitaux. Hier en fin d’après-midi, elles étaient encore au nombre de 61 et, le soir, le chiffre montait à 67. Certaines ont rejoint le CHU Joseph Raseta Befelatànana avant d’être transférées au CHU JRA. L’état de santé de plusieurs patients s’améliorerait déjà. Plusieurs autorités, comme la ministre de la Santé publique et la ministre du Commerce et de la Consommation, se sont rendues au chevet des malades. L’État prend entièrement en charge les soins des malades et l’ensemble des frais médicaux associés.
Fermeture d’un commerce
Le ministère du Commerce et de la Consommation a ordonné la fermeture temporaire du commerce ayant vendu l’huile suspecte. Des prélèvements ont été effectués sur l’huile ainsi que sur les restes alimentaires, notamment de la viande hachée et de la salade de museau, saisis dans la gargote incriminée, ainsi que chez un vendeur de beignets (menakely) cité par les victimes. Les locaux de préparation ont également fait l’objet d’une inspection. Les premières constatations des techniciens révèlent que l’huile utilisée n’avait pas dépassé sa date de péremption. L’enquête administrative et médicale se poursuit. Les résultats des analyses de laboratoire permettront de déterminer l’origine exacte du drame.
Miangaly Ralitera
