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| Des élèves bénéficiaires d’alimentation scolaire. |
La couverture de l’alimentation scolaire demeure encore très limitée. De nombreux élèves finissent par quitter l’école, faute de repas suffisants.
Des tables-bancs sont vides durant les cours de l’après-midi, dans plusieurs établissements scolaires publics d’Antananarivo. Certains élèves ne retournent plus en classe après la pause de midi.
« En général, ils ne reviennent pas parce qu’ils ont faim. Lorsqu’on leur demande le motif de leur absence, ils indiquent qu’ils n’avaient pas de repas à midi », a confié, hier, la directrice d’une école primaire publique (EPP).
D’autres élèves retournent en classe, mais peinent à se concentrer. « Ils ne participent pas aux cours parce qu’ils sont affaiblis par la faim. Certains n’ont rien mangé, d’autres n’ont mangé qu’une salade de pâte de 500 ariary, insuffisante pour tenir jusqu’à la fin de la journée », témoigne un enseignant de 7e dans une autre EPP de la capitale.
La faim a obligé des parents à déscolariser leurs enfants. « Nous avons commencé avec plus de 770 élèves au début de l’année scolaire. Actuellement, nous ne sommes que près de 590 élèves. Nous avons appris, pendant les visites à domicile, que la précarité a obligé les parents à déscolariser leurs enfants. Certains n’ont même pas de quoi manger. Ils font travailler leurs enfants pour subvenir aux besoins de la famille », enchaîne la directrice d’une EPP.
Feuille de route
De nombreux enfants abandonnent encore l’école avant la fin du primaire.
« Selon une enquête, seuls 5 élèves sur 10 parviennent à achever ce cycle scolaire », a déclaré la ministre de l’Éducation nationale, Sendra Nirina Rajaonarison, hier, lors du lancement officiel de l’exercice Saber Alimentation scolaire 2026, à l’hôtel Carlton Anosy. La faim figure parmi les principaux facteurs du décrochage scolaire.
La couverture de la cantine scolaire, un programme de l’État appuyé par des partenaires pour améliorer la fréquentation scolaire des enfants, réduire l’abandon scolaire et renforcer la rétention des élèves à l’école, reste faible. « Aujourd’hui, seulement 15 % des élèves à l’école primaire reçoivent un repas chaud les jours de classe à travers le programme d’alimentation scolaire », a indiqué Tania Goossens, représentante résidente et directrice pays du Programme alimentaire mondial (PAM), à l’occasion. Ces 15 % représentent un peu plus de 4 200 établissements scolaires, répartis dans 16 régions. « Il devient donc urgent de couvrir le gap en allant progressivement vers une mise à l’échelle », enchaîne Tania Goossens.
Le budget de l’État prévu pour ce programme va augmenter. « Cette année, il s’élève à environ 13 milliards d’ariary. Pour la prochaine année scolaire, ce budget passera à près de 14,7 milliards d’ariary. Cette augmentation devrait naturellement permettre d’élargir le taux de couverture », note Marolaza Constant Andrianatrehy, directeur des Enseignements obligatoires au niveau du ministère de l’Éducation nationale.
Miangaly Ralitera
