La première session ordinaire du Parlement s’est ouverte hier au Palais de Tsimbazaza, dans un climat marqué par de fortes attentes.
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| L’hémicycle de Tsimbazaza a affiché une forte affluence lors de l’ouverture de la session ordinaire d’hier. |
Conduite par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison, la délégation gouvernementale a assisté à la cérémonie d’ouverture. Le discours du président de l’Assemblée nationale a adopté un ton ferme, traduisant une pression accrue du pouvoir législatif sur l’Exécutif. La session sera notamment consacrée à l’examen du projet de loi de finances rectificative (PLFR), ainsi qu’à des échanges entre ministres et députés.
Dès l’ouverture, Siteny Randrianasoloniaiko a rappelé le rôle de contrôle du Parlement. « Le peuple malgache veut des résultats concrets », a-t-il déclaré, dénonçant les retards dans la mise en œuvre de projets financés par des partenaires techniques et financiers, pourtant déjà approuvés. Il a également pointé la non-application de plusieurs lois adoptées depuis des années.
Le président de l’Assemblée nationale a exhorté le gouvernement à accélérer l’exécution des projets et des textes votés. Il a annoncé la création de sept commissions d’enquête parlementaires chargées d’examiner plusieurs dossiers sensibles, notamment la gestion de la Jirama, celle d’Air Madagascar, le projet minier Ambatovy, ainsi que des questions liées à la gouvernance sous l’ancien régime.
La question de la décentralisation a également été mise en avant. Siteny Randrianasoloniaiko a souligné les retards accumulés, notamment l’absence d’élection des chefs de région depuis plus de vingt ans. Il a estimé que la session ne devrait pas se clore sans l’adoption d’une nouvelle loi en la matière.
Face à ces interpellations, les membres du gouvernement, dont le Premier ministre, ne se sont pas exprimés. Ils ont quitté les lieux à l’issue de la cérémonie sans déclaration. Dans l’après-midi, le bureau permanent de l’Assemblée nationale s’est réuni pour examiner le premier point à l’ordre du jour. Une séance plénière est prévue ce jour pour son adoption.
Rapport de force incertain
Contrairement à la précédente session extraordinaire, l’hémicycle de Tsimbazaza a affiché une forte affluence. Plusieurs députés affiliés à l’ancien régime, notamment issus de la plateforme Irmar, étaient présents, parmi lesquels Jean de Dieu Maharante, Andry Ratsivahiny, Désiré Rafidimanana et Lanto Rakotomanga, député du deuxième arrondissement d’Antananarivo, de retour après une longue absence consécutive à la chute de l’ancien pouvoir.
Malgré cette mobilisation, le rapport de force au sein de la Chambre basse demeure incertain. Aucun député ne s’est, à ce stade, clairement exprimé sur les équilibres politiques susceptibles de se dessiner au cours de cette session, laissant planer une incertitude sur les dynamiques entre majorité et opposition.
Doris Mampionona
