ARNAUD GUILLOIS - AMBASSADEUR DE FRANCE - « La France souhaite se positionner comme un partenaire fiable » ** ARNAUD

Un Sommet intitulé « Africa Forward : partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance » se tiendra à Nairobi, Kenya, les 11 et 12 mai. Un rendez-vous coorganisé par le Kenya et la France. Arnaud Guillois, ambassadeur de France, explique les enjeux de l’événement.

Arnaud GUILLOIS - AMBASSADEUR DE FRANCE  « La France souhaite se positionner comme un partenaire fiable »

Le Sommet « Africa Forward » se tiendra à Nairobi, la semaine prochaine. En quoi consiste-t-il et quels sont ses objectifs ?

Ce Sommet incarne la profonde transformation des liens que la France a initiée depuis bientôt 10 ans, fondée sur une reconnaissance assumée du passé et sur la volonté de construire des partenariats équilibrés, projetés vers l’avenir et diversifiés géographiquement. Il démontrera l’engagement du Kenya et de la France à travailler, avec l’ensemble des pays africains, à l’élaboration de solutions communes face aux défis globaux. Le Kenya et la France s’attacheront, lors du Sommet, à mettre en avant des solutions à la fois durables et créatrices d’emplois, alliant souveraineté et résilience climatique, entrepreneuriat et soutien des institutions.

Ce Sommet permettra également d’aborder la place des pays africains sur la scène internationale, pour que le plus jeune continent du monde ait davantage voix au chapitre dans les discussions qui le concernent.

Le Sommet se tiendra les 11 et 12 mai à Nairobi, autour d’un agenda à dominante économique : Le 11 mai se tiendra un forum d’affaires, ainsi que des séquences dédiées au sport, à la jeunesse et aux industries culturelles et créatives.

Le 12 mai sera la journée de haut niveau, consacrée aux questions de financement du développement et aux enjeux globaux.

Il s’agit du premier Sommet entre la France et les pays africains organisé dans un État anglophone. Quelle est la raison de ce choix ? Et pourquoi le Kenya spécifiquement ? Serait-ce le signe d’une nouvelle orientation de l’approche diplomatique française en Afrique ? Que la France se projette dorénavant sur l’ensemble du continent, dont les pays anglophones, et non plus juste les pays francophones ?

Il s’agit en effet du premier sommet de ce genre à être accueilli et coprésidé avec un pays anglophone. Nous sommes très heureux que le Président Ruto accueille ce Sommet. Le Kenya est un partenaire incontournable de la France sur le continent, avec des engagements conjointement portés par le Président de la République et le Président kényan, notamment en faveur d’une meilleure inclusion du continent africain dans la gouvernance mondiale, réitérés lors de la conférence de Séville sur le financement du développement en juillet dernier.

Le Kenya est un pays reconnu pour sa politique sur les enjeux globaux et pour son plaidoyer en faveur de la prise en compte des intérêts africains dans l’élaboration de solutions multilatérales, notamment en matière de sensibilisation à la nécessité d’une réforme de l’architecture financière mondiale.

À travers ce Sommet, la France souhaite se positionner comme un partenaire fiable, présent dans la durée et ouvert à construire, avec tous ceux qui le souhaitent, un avenir durable, juste et apaisé.

Quelle différence ce sommet présente-t-il par rapport aux précédentes rencontres entre la France et les pays africains, notamment celle de Paris en 2021 ?

Le Sommet Africa Forward illustre la richesse et la diversité des relations entre le continent africain et la France, qui se tissent autour d’une pluralité d’acteurs États, entreprises, jeunesses, artistes, diasporas , avec une place centrale accordée aux jeunesses et au secteur privé. À ce titre, plusieurs centaines de personnalités (jeunes engagés et influents, sportifs, créateurs, artistes ou entrepreneurs), issues de l’ensemble du continent et des diasporas, seront invitées à participer au Sommet. Je me réjouis que de nombreux Malgaches y participent et viennent illustrer la densité et la diversité de nos liens avec la Grande Île.

Les enjeux de paix et de sécurité sont au programme du Sommet. Un sujet sur lequel la France est particulièrement critiquée en Afrique. Que compte apporter ce Sommet de Nairobi sur ce point ? S’agit-il juste des enjeux de paix et de sécurité en Afrique, ou bien le contexte mondial sera-t-il également pris en compte ?

La paix sur le continent africain doit se décider sur le continent et non depuis l’extérieur. La France souhaite apporter son soutien aux solutions africaines pour régler les crises africaines. Nous venons d’ailleurs de tenir, à Paris, le 13 avril, la troisième édition du dialogue stratégique entre la France et la Commission de l’Union africaine (UA). Cette rencontre a permis d’aborder les priorités communes de la France et de l’UA, notamment la gouvernance mondiale, les questions de paix et de sécurité, les enjeux globaux tels que la gestion de l’eau, le climat et la santé. Parmi bien d’autres dossiers importants, le Président de la Commission de l’UA et le ministre français des Affaires étrangères ont rappelé l’urgence d’une réforme globale du Conseil de sécurité des Nations unies afin de le rendre plus efficace et plus représentatif. Naturellement, les discussions qui auront lieu à Nairobi tiendront nécessairement compte du contexte international.

Le chef de l’État malgache, le colonel Randrianirina, fait partie des présidents invités à ce Sommet. Quelle est la portée de cette invitation, étant donné le contexte du changement de pouvoir dans le pays ?

Depuis octobre 2025, la France soutient les efforts et les objectifs de la Refondation, dans la mesure où ils répondent aux aspirations légitimes exprimées par la population et en particulier par la jeunesse malgache : 

accès aux besoins fondamentaux (eau, électricité, santé, éducation, justice), amélioration de la gouvernance, développement économique du pays. L’invitation de Madagascar au Sommet, décidée conjointement par la France et le Kenya, s’inscrit dans ce cadre.

Justement, pour Madagascar en particulier, quelles retombées concrètes pourrions-nous attendre de ce Sommet ?

Au-delà du fait qu’il s’agira de l’un des premiers Sommets internationaux auxquels assisteront les autorités de la Refondation, la participation de Madagascar à la table ronde « agriculture durable »  permettra à la Grande Île de valoriser ses atouts dans ce domaine, de faire part de ses priorités et de se connecter avec d’autres acteurs du secteur, qu’ils soient publics ou privés. L’organisation d’un forum d’affaires et l’association de nombreux représentants des sociétés civiles et d’entreprises doivent servir de catalyseur pour de nouvelles initiatives concrètes, innovantes, adaptées aux problématiques africaines et singulièrement malgaches.

Garry Fabrice Ranaivoson 

2 Commentaires

  1. La France n'est pas foutu de se positionner correctement avec les pays francophones d'Afrique (ex, Mali, Niger, Burkina, RCA, ...Guinée, ..Madagascar, ...) et voudrait aller chercher ailleurs !!! On croît rêver !!!

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  2. Lambi ! la frousse vous connaissez ?
    Tant mieux si la France "courtise" les pays anglophones d’Afrique car les francophones sont les mêmes que celles qui "travaillent🤑" dans les bars de nuit de TANA !
    Des VOLAS🤑 !

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