La RN6 présente un contraste entre tronçons réhabilités et portions fortement dégradées.Les usagers alternent entre amélioration de la circulation et difficultés persistantes sur certains segments.
![]() |
| Une partie de la RN6 vers Antsohihy seulement terrassée. |
Les usagers de la Route nationale 6 (RN6) circulent sur un axe à deux vitesses, entre tronçons réhabilités et portions encore fortement dégradées. Les travaux, menés par sections successives, améliorent certaines parties de cette route stratégique du nord de Madagascar, sans encore résoudre les difficultés sur l’ensemble du parcours.
Depuis Antananarivo en direction du Nord, les difficultés commencent sur le tronçon Ambondromamy-Antsohihy, via Mampikony et Port-Bergé. La chaussée y est fortement détériorée, marquée par d’importants nids-de-poule et de nombreuses fissures. Cette dégradation complique les déplacements et rallonge considérablement la durée des trajets.
À partir d’Antsohihy vers Ambanja, les usagers retrouvent une chaussée réhabilitée, plus fluide et praticable. Certaines portions restent toutefois en chantier, avec des opérations de terrassement et plusieurs sections déjà goudronnées. Sur place, les travaux n’apparaissent pas encore comparables à la réhabilitation plus avancée du tronçon Ambanja-Antsiranana, confiée à l’entreprise Colas.
Des interventions ciblées
Selon les informations recueillies, les interventions d’urgence ont surtout concerné les points noirs provoqués par les dégâts cycloniques, afin d’éviter toute interruption de la circulation sur la RN6.
« Plusieurs zones fortement dégradées, où des risques de coupure de la route étaient redoutés, ont été traitées en priorité. Les travaux de réhabilitation des autres portions sont encore attendus », indique Rivo Roland Randrianarijaona, directeur régional des travaux publics de DIANA.
Les conséquences du mauvais état de la RN6 restent visibles tout au long du trajet. De nombreux véhicules tombent en panne ou subissent des crevaisons causées par les pierres tranchantes et les portions dégradées de la chaussée. Les chauffeurs évoquent également une hausse de la consommation de carburant, tandis que les voyageurs doivent faire face à des dépenses supplémentaires liées à l’allongement du trajet.
À ces difficultés s’ajoute un climat d’insécurité. Outre les attaques occasionnelles de bandits, plusieurs passagers signalent des vols commis lors des traversées nocturnes des zones dégradées. Des malfaiteurs profiteraient de la lenteur des taxi-brousse sur ces portions pour grimper sur les porte-bagages ou ouvrir les portes arrière afin de dérober les bagages des voyageurs.
Malgré ces contraintes, certains tronçons présentent désormais un état plus encourageant. Entre Antsohihy et Ambanja, les améliorations sont perceptibles. La portion Ambanja-Antsiranana se distingue, elle, par l’achèvement quasi total des travaux. Même si quelques finitions restent visibles à certains endroits, cette partie de la RN6 apparaît aujourd’hui comme l’un des tronçons les plus praticables de l’axe nord.
Parmi les avancées relevées par les usagers figure aussi l’achèvement complet du passage à gué d’Ifasy, situé au PK 537+329. Les automobilistes, qu’ils conduisent des véhicules légers ou des poids lourds, ne subissent plus les longues attentes ni les contraintes liées à la traversée par bac.
À la suite de cette réalisation, le ministère des Travaux publics a annoncé que l’entreprise chargée des travaux poursuivra prochainement les aménagements au niveau de Mahavavy Ambilobe. Une nouvelle déviation de passage à gué doit y être construite afin d’assurer la continuité de la circulation, le pont modulaire installé à Mahavavy étant limité à 25 tonnes, une contrainte régulièrement dénoncée par les transporteurs de gros tonnage.
Cette coexistence entre tronçons réhabilités et portions fortement dégradées met en évidence les limites d’une réhabilitation conduite par fragments. Tant que l’ensemble de l’axe ne sera pas praticable, la RN6 ne pourra pas pleinement remplir son rôle de route nationale stratégique pour les usagers, les transporteurs et les localités qu’elle dessert.
Raheriniaina
