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| L’École nationale de la magistrature et des greffes (ENMG), sise à Tsaralalàna. |
Le Pôle anti-corruption des 67 Ha a tenu, hier, une nouvelle audience dans l’affaire de suspicion de corruption autour du concours de recrutement de 150 élèves magistrats de l’ENMG. Le dossier concerne la phase d’admissibilité organisée en décembre 2025.
La décision du Pôle anti-corruption sur la suspicion de corruption à l’École nationale de la magistrature et des greffes est attendue le 26 mai prochain. Elle devrait permettre de situer les responsabilités et de déterminer les suites judiciaires de cette affaire, tout en apportant, espèrent les candidats, des clarifications sur l’avenir du concours en cours.
Au total, six personnes ont comparu devant le Pôle anti-corruption hier, dont trois membres du personnel de soutien de l’École nationale de la magistrature et des greffes (ENMG) et trois candidats ayant participé au concours. Plusieurs chefs d’inculpation sont retenus contre eux, notamment l’abus de fonction, la corruption passive, l’intermédiation en corruption active, ainsi que le favoritisme.
Lors des débats, l’un des principaux mis en cause, affecté au service de reprographie, a reconnu les faits qui lui sont reprochés. Il a admis avoir divulgué le sujet du concours le jour de l’épreuve, dans un laps de temps très court, « entre 6h30 et 7h du matin ». Selon les éléments avancés à l’audience, il aurait transmis le sujet à quatre personnes contre une somme d’un million d’ariary. Cette déclaration constitue un élément central du dossier. Les autres prévenus ont toutefois catégoriquement nié toute implication, affirmant n’avoir reçu aucun document provenant du service de reprographie.
Par ailleurs, des informations relayées au cours de l’audience indiquent que les candidats poursuivis ne figuraient pas parmi les admissibles au concours. Ce point a alimenté les débats, orientant certaines analyses vers l’hypothèse d’un acte isolé, relevant davantage d’une tentative opportuniste que d’un système organisé de fuite des sujets.
Depuis la révélation de cette affaire, les candidats déclarés admissibles, ainsi que leurs familles, expriment leur inquiétude quant aux conséquences de cette situation sur la suite du concours. Plusieurs d’entre eux plaident pour l’application du principe d’individualisation des peines, afin d’éviter toute sanction collective qui pénaliserait les candidats de bonne foi. Ils demandent également la poursuite des épreuves orales, estimant que l’intégrité globale du concours ne saurait être remise en cause par des actes isolés.
Doris Mampionona
