PETITE VITESSE - Des marchands de rue refusent d’intégrer le marché

Des commerçants de la Petite Vitesse refusent de quitter les abords de la route. De son côté, la CUA poursuit les opérations d’assainissement et de libération des rues de la capitale.

À l’intérieur du marché de Petite Vitesse.

Le délai de quinze jours accordé aux quelque quatre cents vendeurs de rue installés le long de la voie publique à Petite Vitesse a expiré mardi dernier. Les commerçants devaient rejoindre les espaces aménagés à l’intérieur du marché. Si certains ont accepté cette relocalisation, d’autres continuent de s’y opposer.

Une vive tension a marqué la matinée de mardi au marché de Petite Vitesse, lors d’une nouvelle opération de déguerpissement des marchands installés le long de la voie publique. Accompagnés par la Police municipale, des éléments de la Police nationale ont poursuivi les opérations de réorganisation du marché et de libération des trottoirs afin de fluidifier la circulation dans ce secteur de la capitale.

En réaction, des marchands de rue ont repris leur mouvement de contestation. Brandissant des banderoles et occupant une partie de la chaussée, ils réclamaient la poursuite de leurs activités commerciales sur leur emplacement habituel. « L’organisation actuelle n’est pas adaptée et les places disponibles seraient insuffisantes », affirme Noro, commerçant sur place. Les vendeurs estiment également que les emplacements proposés par la Commune ne correspondent pas à leurs besoins et risquent d’entraîner des pertes financières.

Réorganisation

« Nous demandons à pouvoir continuer à vendre au bord de la route comme auparavant. Mais nous allons occuper les espaces aux abords de la route sans gêner la circulation. Une fois à l’intérieur, les clients ne viendront pas. Ils sont habitués à acheter des articles aux abords de la route», indique Tovo, un autre marchand de rue.

Les commerçants contestent par ailleurs les accusations selon lesquelles ils seraient responsables des embouteillages dans le secteur. Selon eux, les congestions persistent malgré leur départ des trottoirs.

De son côté, la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA) affirme qu’elle ne reviendra pas sur les décisions prises et entend poursuivre le transfert des vendeurs à l’intérieur du marché. Les autorités communales soutiennent que les espaces disponibles sont suffisants pour accueillir l’ensemble des commerçants.

« Les places sont suffisantes pour les vendeurs, mais ce sont eux qui refusent de quitter les abords de la route. Chaque commerçant bénéficie d’un espace de 70 cm et tous peuvent être intégrés s’ils acceptent l’organisation mise en place », a déclaré Gilles Randrianantoandro, directeur des Marchés au sein de la CUA, lors d’une descente effectuée mardi au marché de Petite Vitesse.

« Il est clair que la chaussée est réservée aux véhicules, les trottoirs aux piétons et le marché aux commerçants. Toute occupation en dehors de ce cadre constitue une infraction », ajoute-t-il.

Un dispositif associant policiers nationaux et municipaux reste actuellement mobilisé sur place afin d’assurer la mise en œuvre de cette réorganisation et de prévenir tout débordement.

Tandis que la Commune poursuit sa politique de libération des trottoirs, les vendeurs continuent, eux, de réclamer des solutions qu’ils jugent plus adaptées à leurs activités.

Mialisoa Ida

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