MADAGASCAR - RUSSIE - La mise en place d’une zone économique commune annoncée

Il a également été question de coopération économique durant le Forum international sur la sécurité, à Moscou. Le Premier ministre a évoqué, notamment, la mise en place d’une zone économique commune entre la Russie et Madagascar.

Poignée de main entre le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison et Sergueï Choïgou, secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, mercredi.

Un accord en vue. À s’en tenir au communiqué publié par la Primature, la redynamisation de la coopération bilatérale entre Madagascar et la Russie ne se limitera pas au domaine militaire. Elle devrait s’élargir bientôt au domaine économique.

L’institution de Mahazoarivo fait part de « la signature à venir d’un accord pour la mise en place d’une zone économique commune entre Madagascar et la Russie ». Selon la missive de la Primature, l’information a été évoquée par Mamitiana Rajaonarison, Premier ministre, durant un entretien avec des journalistes russes, en marge du Forum international sur la sécurité, à Moscou. À cet effet, le chef du gouvernement aurait ainsi ajouté que le climat d’investissement dans la Grande Île « va être amélioré afin d’attirer les investisseurs ».

Un accord pour la mise en place d’une Zone économique commune (ZEC) vise à créer un espace d’échanges économiques plus fluide, plus dynamique entre deux ou plusieurs pays. À cet effet, il a pour objet d’instaurer des mécanismes pour faciliter la circulation des personnes, des biens et des capitaux. La Russie a, par exemple, signé un accord sur la création d’une ZEC avec le Belarus et le Kazakhstan en 2003.

Un économiste contacté affirme que la mise en place d’une ZEC présente plusieurs opportunités, notamment en termes d’investissements, de circulation de capitaux et de transfert de technologies et de compétences. Il souligne cependant que « des balises solides sont nécessaires afin d’éviter qu’il n’engendre un partenariat déséquilibré, en défaveur de Madagascar ». Un cadre juridique et structurel solide pour préserver les intérêts nationaux est, par exemple, nécessaire selon ses explications.

La Primature rapporte également que, lors de cet entretien avec des journalistes russes à Moscou, le Premier ministre a indiqué que « des discussions sont en cours avec les autorités russes pour augmenter les capacités de stockage de carburant à Madagascar ». À lire le communiqué, il s’agit d’une des solutions avancées par l’État pour faire face aux perturbations de l’approvisionnement en carburant engendrées par la guerre au Moyen-Orient.

Centrale hydroélectrique

La question de la coopération économique, notamment la volonté d’attirer des investisseurs russes à Madagascar, figurait déjà parmi les points mis en avant durant la visite officielle du colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, en Russie, en février. Le Premier ministre, alors encore directeur général du Service de renseignement financier (Samifin), a justement fait partie de la délégation présidentielle lors de ce voyage.

Dans une interview accordée à Russia Today (RT) durant cette visite officielle de février, le Chef de l’État a déclaré : « L’un des buts de notre visite est d’attirer les entreprises étrangères telles que Gazprom et Rosatom, qui sont toutes les bienvenues. Nous avons été en contact, dernièrement, avec plusieurs entreprises, telles que Geoscan, qui veulent investir à Madagascar et que nous recevrons avec plaisir. »

En réponse à RT, le locataire d’Iavoloha avait également ajouté que « l’un des défis auxquels nous faisons face en ce moment est le manque de financement de nos actions. (…) Mais c’est pour cela aussi que nous cherchons des partenaires pour faire face à ces défis que nous n’avons pas les moyens de régler seuls. L’arrivée d’aides financières et d’investissements à Madagascar nous aidera à redresser le pays. C’est pour cela que nous sommes venus ici ».

De prime abord, pour la Grande Île, la signature d’un accord pour la mise en place d’une ZEC avec la Russie pourrait surtout s’inscrire dans l’optique d’attirer des investisseurs et des financiers russes. Toujours en marge du Forum de Moscou, Mamitiana Rajaonarison a rencontré, mercredi, Sergueï Choïgou, secrétaire du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie.

Outre les questions sur la sécurité internationale, le champ de la coopération bilatérale entre Madagascar et la Russie a également été discuté. La Primature met, entre autres, l’accent sur une éventuelle coopération dans le domaine énergétique. La missive de l’institution de Mahazoarivo parle d’un projet de construction d’une centrale hydroélectrique. Par ailleurs, la coopération Russie-Madagascar dans le domaine militaire a été réaffirmée durant cette rencontre, notamment en matière de formation.

Ainsi, un projet de partenariat entre le « Sekoly miaramilam-pirenena » (Semipi), ou l’École nationale des enfants de troupe, et l’école des enfants de troupe russe serait en gestation. Le Premier ministre étant justement un ancien de la Semipi.

Garry Fabrice Ranaivoson

7 Commentaires

  1. Evoquer une "zone économique commune" avec un secrétaire du conseil de sécurité Russe lors d'un forum dédié essentiellement sur la sécurité ?! Cherchez l'erreur avec cette communication inopportune .La communication devient alors une finalité en soi, au lieu d’être l’expression d’une action publique solide, cohérente et inscrite dans le long terme. Or, dans toute démocratie, la communication politique devrait servir à éclairer l’action publique, non à masquer ses insuffisances. Incontestablement la véritable refondation ne se mesurera ni au nombre d’inaugurations, ni à la domination de l’espace médiatique, mais à la capacité de bâtir des institutions crédibles, des politiques publiques durables et une gouvernance qui survive aux régimes et serve réellement les générations futures .
    Le peuple Malgache ne veut plus des discours creux mais attend du CONCRET . En tous cas l'essor économique de ce pays ne viendra pas d'une coopération bancale avec Moscou !

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  2. Et si Rosatom propose un réacteur nucléaire fiable à Brickaville, avec une liaison THT vers Tana? ( Bon, celui de Cienfuegos offert a Cuba en 1975 ne marche plus, mais il était d'une autre époque)... Le nucléaire civil est désormais une solution réaliste pour la Grande Ile. Problème : ce genre de méga projet clé en mains est si gros qu'il ne génère ni kolikoly en cascade ni profits intermédiaires.

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    1. Rosatom agence russe de l'énergie atomique sert les intérêts de Poutine permettant d'accroître son pouvoir et son influence géopolitique . Les sanctions Européennes sont poreuses rendant l'OTAN dangereusement dépendant du Kremlin . Miser sur le nucléaire russe c'est tomber dans le piège de Poutine . Même l'Arménie est réticente à la construction d'une nouvelle centrale nucléaire . Maintenant question " kolikoly " il faudrait creuser sur la récente nomination de ce nouveau ambassadeur " controversé "

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  3. Pas la peine de pleurer. C'est trop tard. Les "achats" sont faits. Faudra apprendre à parler russe. Les militaires sont au pouvoir ici ... et ailleurs !!!

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  4. Dur dur de s'être trompé à ce point !! Souvent les traitres se comportent comme cela : on coupe les têtes puis, mince, je n'aurais pas dû !!!

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  5. lol, Madagascar fournira de la Vanille & l'Or, la Russie du petrole: c'est tout déjà de "leur marché commune".
    Rien, que de se mettre au coté d'un état totalitaire: Mahamenatra ity fitondrana ity sy ity firenena ity izany: miandany amin'ireo jiolahy eto an-tany isika!

    Tsara izany, Michael, asehoy anay bebe kokoa ny mombamomba anao: mandrora.

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