Certaines sources ont évoqué une supposée « ingérence russe » dans le processus électoral malagache en s’appuyant essentiellement sur des interprétations politiques et des hypothèses géopolitiques, sans apporter de preuves matérielles d’une manipulation électorale.
Or, plusieurs faits méritent d’être rappelés afin d’apporter une lecture plus équilibrée et conforme aux principes diplomatiques.
D’abord, la coopération entre institutions électorales est une pratique internationale courante. La CENI de Madagascar entretient depuis des années des échanges techniques avec différents partenaires étrangers, notamment africains, européens et multilatéraux. Les discussions engagées avec la Commission électorale russe relèvent officiellement d’un cadre de coopération technique portant sur la formation, la logistique et la modernisation électorale. Aucun document public ne démontre une intervention russe dans le choix des candidats ou dans les résultats des futurs scrutins.
Ensuite, Thierry Rakotonarivo s’est illustré bien avant ces contacts internationaux par ses prises de position en faveur de la transparence électorale, notamment concernant les doublons de cartes d’identité et la nécessité d’un audit du fichier électoral. Ses déclarations publiques montrent une volonté de réforme institutionnelle interne, et non une dépendance envers une puissance étrangère.
Par ailleurs, présenter Madagascar comme un simple terrain d’affrontement entre puissances étrangères réduit la souveraineté des institutions malgaches et des citoyens. De nombreux pays, y compris occidentaux, financent des programmes électoraux, des formations administratives ou des projets de gouvernance en Afrique sans que cela soit automatiquement qualifié « d’ingérence ».
Enfin, dans un contexte politique sensible, les accusations non étayées risquent d’alimenter la méfiance et la polarisation. Une approche responsable doit distinguer les faits vérifiables des spéculations géopolitiques. Le débat démocratique à Madagascar mérite davantage de rigueur, d’équilibre et de respect de la souveraineté nationale.
L'Express de Madagascar