INDUSTRIE MINIÈRE - Kraoma reste dans l’impasse

Kraoma SA traverse une grave crise depuis plusieurs années. L’entreprise peine toujours à relancer ses activités et à payer ses salariés depuis 2019.

Le site industriel de Kraoma abandonné à la friche.

La crise de l’entreprise d’extraction d’État remonte à 2019, soit sept années durant lesquelles les salariés de Kraomita Malagasy n’ont perçu aucun centime. Parmi les sociétés d’État qui n’ont pas été victimes de la privatisation, Kraoma SA, ou Kraomita malagasy, a subi des détournements de fonds comme les autres entreprises d’État dont le triste exemple d’Air Madagascar.

Une situation qui ne date pas d’hier, cette dernière a été la « vache à lait» au profit d’une « autre société » et de certains particuliers. L’ancien Directeur Général Nirina Rakotomanantsoa actuellement écroué, la passation a eu lieu entre la Directrice des Affaires Financières Béatrice Rajaonarisoa et le nouveau Directeur général par intérim Keron Idealison.

Selon Fifaliana, secrétaire assistante du nouveau directeur général, « pour l’instant, l’entreprise est à l’arrêt et nous cherchons des solutions pour les impayés des employés. Par ailleurs, nous allons prendre des mesures envers la société parallèle qui exploite illégalement le site de Kraoma ». Elle poursuit aussi par rapport à la disparition des archives dans les bureaux de l’entreprise à Ampefiloha.

Lourdes conséquences

Le nouveau directeur général par intérim, Keron Idealison, envisage une réforme et une reprise des activités d’extraction dans le site de Brieville pour bientôt... Parmi les priorités actuelles figure la recherche de solutions pour les arriérés de salaires du personnel, accumulés depuis 2019, afin de relancer le fonctionnement de l’entreprise.

L’extraction du chrome et d’autres minerais par Kraoma constitue la principale source d’emplois dans la zone et contribue au développement économique local. L’arrêt des activités a entraîné de lourdes conséquences : chômage, dépeuplement, dégradation des routes et des infrastructures. Dans la localité, même les activités agricoles sont affectées, les paysans peinant à suivre le rythme des travaux de repiquage du riz. Pour beaucoup, la priorité est désormais tournée vers des activités de survie, notamment l’extraction aurifère.

 Hasina Giovanni

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