EXPLOITATIONS MINIÈRES - La transformation locale comme objectif

En réponse aux questions de quelques médias, le Chef de l’État a donné son ressenti sur le Sommet “Africa Forward”. Il a profité de l’occasion pour affirmer l’objectif étatique de transformer localement les produits miniers avant exportation.

L’État ne compte pas remettre en cause les contrats déjà actés mais compte convaincre les nouveaux investisseurs à se transformer localement.

Un changement de paradigme. Cette expression a résonné dans la plupart des prises de parole durant les deux jours du Sommet «Africa Forward», à Nairobi, Kenya. L’un des changements martelés est d’en finir avec l’exportation de matières premières brutes. «Valoriser les ressources naturelles africaines, développer les chaînes de valeur locales, le Made in Africa», est justement inscrite dans la déclaration de Nairobi.

Une posture à laquelle s’aligne Madagascar, selon le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État. Pour la Grande île, l’objectif à atteindre est donc, comme il l’affirme, «de transformer localement nos richesses naturelles avant de les exporter». Il parle ici des ressources minières. Il a fait part de cette conviction durant un bref échange avec des journalistes malgaches et africains, en marge du Sommet des Chefs d’État, au Kenyatta International Convention Center (KICC), Nairobi.

L’officier supérieur a indiqué que l’État envisage deux voies pour concrétiser cet objectif de transformer localement les ressources minières avant leur exportation. La première option est que l’investisseur signe un engagement à cet effet. La seconde consiste «à changer la loi», avance le Chef de l’État. Il évoque ainsi une possible retouche du code minier dans ce sens. Le colonel Randrianirina souligne, néanmoins, que «les contrats déjà signés auparavant ne seront pas mis en cause», en prenant l’exemple d’Ambatovy et de QMM.

Transformer localement les matières premières permet de vendre les produits finis ou semi-finis, bien plus chers que les matières brutes. Les recettes d’exportation et les revenus fiscaux seront également en hausse. Il y a aussi le renforcement du secteur industriel et par conséquent plus de création d’emplois. Par ailleurs, cette approche peut amener à une meilleure souveraineté économique. Le pays sera moins dépendant des fluctuations des prix des matières premières brutes, avec plus de contrôle sur ses ressources.

Des cases à remplir pour l’État

Transformer localement les ressources brutes permettra de booster l’industrialisation du pays. Toutefois, outre retoucher la loi ou faire signer des engagements aux investisseurs, l’État doit également faire sa part des choses pour concrétiser cet objectif. Il faudra convaincre les investisseurs d’adhérer à cette approche. Des exemples comme au Nigeria, au Botswana ou en Indonésie démontrent que cette formule intéresse les grands investisseurs. Il est nécessaire, toutefois, d’établir une chaîne de valeur stable et fiable.

Plusieurs points soulevés lors des débats durant le «Business Forum», durant le premier jour du Sommet de Nairobi détaillent les cases à remplir pour l’État afin de convaincre les investisseurs. La première est la sécurité des investissements via un cadre juridique stable, des règles d’investissement claires, une fiscalité équilibrée. La bonne gouvernance entre aussi en ligne de compte. Le renforcement des compétences locales à travers les formations techniques et universitaires est également un impératif.

L’un des plus grands défis de la Grande île pour concurrencer les autres pays dans l’attractivité des grands investisseurs sont les infrastructures énergétiques et logistiques. Toutes les industries, surtout celles de transformation, ont besoin d’un approvisionnement en électricité fiable et abordable, de routes praticables pour le transport des marchandises et de ports performants pour les exportations. Par ailleurs, il faut également que l’État s’assure de la durabilité et de l’équité des investissements.

Les grands projets miniers engendrent des risques environnementaux s’ils sont mal encadrés. La pression sur l’environnement est encore plus forte lorsque la chaîne de production comprend une usine de transformation. Outre les risques de pollution, il y a aussi la question de la gestion des ressources en eau. Dans certains pays, la guerre de l’eau causée par certains investissements entraîne une tension sociale.

Un encadrement environnemental strict et l’exigence d’une effectivité de la Responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) serait une garantie que les grands investissements soient en phase avec le concept de développement durable, à entendre les arguments durant le «Business Forum» de Nairobi. Du reste, une répartition équitable des bénéfices, notamment envers les populations locales permettrait aussi d’éviter les conflits sociaux.

Garry Fabrice Ranaivoson

1 Commentaires

  1. Alors cette annonce est très intéressante !
    Avez-vous vu une usine technique dont des malgaches sont à la "tête"! être convenablement dirigée et pas se CASSER la gueule parce que l’entretien, la sécurité et toutes les obligations techniques sont négligés afin de gratter les VOLAS ?
    Regardez la Zirama, Air peut-être, 2 des plus célèbres fiascos de sociétés dirigés par des "gaches", la prochaine sera, les aéroports malgaches !
    Des militaires ,dictateurs d’opérette qui O final seront PIRE que le DJ et ses prédécesseurs !

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