SLAM INTERNATIONAL - Ma Fia portée par ses mots à la phase finale

Portée par une prestation puissante en trois passages sur scène, la slameuse malgache Ma Fia s’est hissée aisément en phase finale de la Coupe du monde de slam-poésie à Paris.

Ma  Fia a hissé Madagascar en phase finale  de la Coupe du monde de slam-poésie.

Les mots de Ma Fia ont traversé les frontières avec force et émotion. Hier soir, sur la scène parisienne de la Coupe du monde de slam-poésie, la représentante malgache a livré une performance intense qui lui a permis de décrocher son ticket pour la phase finale de la compétition internationale. Lors de la demi-finale, face à des slameurs venus de plusieurs pays, l’artiste a su captiver le public et le jury grâce à une prestation profondément habitée, portée par la musicalité de la langue malgache et l’intensité de ses textes.

Le verdict est tombé sous les applaudissements : avec une note totale de 84,7 obtenue après trois passages sur scène, Ma Fia s’est hissée à la première place du classement de cette demi-finale décisive. Une consécration qui a rapidement suscité une vague de fierté et de soutien parmi les Malgaches, nombreux à suivre son parcours depuis Madagascar et à l’étranger.

Durant cette soirée, la slameuse a défendu une prestation construite en trois parties, où chaque texte dévoilait une facette différente de son univers artistique. Pour cette compétition mondiale, elle a choisi de porter six créations: Tsy voatery, Mbô kara anao zaho, Zanako, Malaso, Emily et Zah mino. Entre récits intimes, questionnements sociaux et messages engagés, ses textes explorent les émotions humaines, les réalités sociales et les blessures silencieuses de la société contemporaine.

Identité forte

 Au-delà de la performance scénique, Ma Fia a surtout choisi de mettre en lumière la richesse et la puissance de la langue malgache sur une scène internationale. À travers ses mots, ses silences et son interprétation, elle a porté bien plus qu’un simple texte : elle a fait entendre une identité culturelle forte, profondément enracinée dans les réalités malgaches.

Cette qualification vient confirmer un parcours artistique déjà remarquable. L’année dernière, Ma Fia s’était révélée au grand public en remportant le slam national lors du Madagaslam Festival. Face à des candidats venus de différentes régions de Madagascar, elle s’était imposée grâce à une prestation marquante abordant des thèmes sensibles tels que la corruption, les inégalités sociales et la condition féminine.

En décrochant ce titre national, elle était également entrée dans l’histoire comme la troisième femme sacrée championne nationale de slam à Madagascar. Une distinction qui donne aujourd’hui une portée encore plus symbolique à son ascension sur la scène mondiale.

À Paris, Ma Fia ne représente pas uniquement son propre parcours artistique. Elle porte aussi les espoirs d’une jeunesse en quête d’expression, la richesse d’une culture souvent peu visible à l’international et la vitalité grandissante du slam malgache. Grâce à cette qualification en phase finale, son aventure offre désormais une visibilité nouvelle à toute une génération de poètes et d’artistes malgaches.

Cassie Ramiandrasoa

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