ÉLEVAGE - Le marché ovin et caprin en plein essor

L’époque où le choix de viande se limitait essentiellement au bœuf, au porc et au poulet est révolue. La viande de mouton et de chèvre se démocratise de plus en plus dans la capitale.

Agneau au marché d’Imerimandroso.

Le marché de la viande dans la capitale a nettement évolué au cours des vingt dernières années, porté par le développement du commerce et de la consommation, lui-même stimulé par le boom démographique et la migration continue qui a favorisé l’expansion des périphéries du « Grand Tana ».

Progressivement, l’offre de viande s’est diversifiée dans les étals des boucheries de proximité, présentes à chaque coin de rue. Cette évolution permet désormais aux consommateurs de choisir selon leurs habitudes alimentaires, leurs convictions culturelles ou simplement leurs préférences gustatives.

À Imerinafovoany, une boucherie halal spécialisée dans le commerce de viande de mouton dans la partie Nord-ouest d’Antananarivo, notamment dans les zones d’Antehiroka-Marovatana et Tsimahafotsy illustre cette transformation. Cinq frères ayant hérité ce commerce de leur père Ahmed témoignent de cette évolution du marché de la viande de mouton dans cette zone et explique les étapes de distribution de cette filière.

Communautés musulmanes

« Il a fallu beaucoup de patience et de détermination avant de vraiment pouvoir «vivre» de cette activité. La filière ovine est loin d’être aussi structurée que la filière bovine, sans véritable marché dédié à l’approvisionnement au début de notre activité. Nous devions à chaque fois aller directement à la rencontre des éleveurs de cette partie Nord-ouest notamment vers Ambatomanoina », explique Rafiki Ahmed, l’un des frères gérants.

Le prix actuel d’un bélier varie entre 180 000 et 200 000 ariary selon sa taille. Mais en général, une brebis, plus rare, est généralement plus chère, pouvant atteindre 200 000 à 260 000 ariary, notamment lorsqu’elle est gestante.

« En général, nous arrivons à vendre un mouton entier par jour, voire plus selon les périodes, ce qui représente plus d’une trentaine par mois. Les éleveurs vendent rarement des brebis ; nous achetons plutôt une vingtaine de jeunes béliers. Pour nous approvisionner, nous devons marcher deux jours afin de rejoindre les éleveurs, qui nous livrent ensuite à mi-chemin. Au début, à l’époque de notre père, le commerce de viande de mouton n’était pas évident ici. Nous étions d’abord installés à Mandrosoa, puis à Ambohibao, avant de nous établir à Imerinafovoany en 1998. Les tripes étaient distribuées au voisinage faute d’acheteurs mais maintenant avec l’installation progressive de communautés musulmanes et l’ouverture de beaucoup de restaurants asiatiques, le marché s’est développé et ne se limite plus à la population locale. Nous vendons le kilo de viande à 22 000 ariary, et le mouton vivant à 11 000 ariary le kilo. Nous prenons également des commandes de méchoui d’agneaux et de grillades pour diverses festivités », conclut l’entrepreneur.

Hasina Giovanni

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