La façade ouest de la région Diana fait actuellement face à une situation particulièrement préoccupante. Depuis plusieurs mois, les signaux d’alerte se multiplient. Les autorités locales, les acteurs du secteur halieutique ainsi que les communautés de pêcheurs constatent une recrudescence des pratiques de pêche illicite dans plusieurs zones maritimes de la région.
Certes, plusieurs textes réglementaires encadrent déjà les activités de pêche dans la région, notamment ceux relatifs à l’interdiction et à la réglementation de l’utilisation de certains engins de pêche, ainsi que le code de la pêche et de l’aquaculture à Madagascar. Toutefois, malgré l’existence de ce cadre juridique, les infractions persistent en raison d’une application encore insuffisante des textes, du manque de moyens de contrôle et de la méconnaissance de certaines dispositions par une partie des acteurs locaux.
Cette recrudescence de la pêche de nuit, communément appelée « Gavagna» ou « Mahaloky », ainsi que l’utilisation d’engins prohibés et de techniques destructrices pour les ressources marines, telles que les « Bamoloko » ou encore certains dispositifs utilisés par les « Kaokobe », notamment les filets à petites mailles, menace sérieusement l’équilibre des écosystèmes marins et la pérennité des ressources halieutiques dont dépendent des milliers de familles.
Au-delà des impacts environnementaux, ces pratiques alimentent également des tensions croissantes entre pêcheurs traditionnels et opérateurs motorisés. Les affrontements et courses-poursuites en mer se multiplient, faisant craindre une dégradation progressive de la cohésion sociale sur le littoral.
« La région Diana possède un immense potentiel maritime et halieutique pour faire vivre les milliers de familles qui vivent directement ou indirectement de la pêche. Il est donc impératif de renforcer la concertation entre toutes les parties prenantes afin d’identifier ensemble des solutions réalistes», affirme le chef de région Louis Francio Marovavy.
Raheriniaina