Le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM) a dressé une série de recommandations portant sur la situation nationale, le rôle des dirigeants et des acteurs politiques, ainsi que sur les défis majeurs auxquels le pays est actuellement confronté.
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| Monseigneur Samoela Jaona Ranarivelo, président du FFKM. |
Au cœur des préoccupations du FFKM figurent notamment la préparation de la concertation nationale annoncée pour le mois prochain et le processus de Refondation engagé par le régime en place. Pour le Conseil, ces deux démarches sont étroitement liées et doivent impérativement reposer sur des bases solides afin d’éviter les erreurs du passé.
Dans son intervention au cours d’un culte tenu hier à la FJKM Ilafy, le pasteur Denis Rakotozafy a rappelé avec fermeté la mission de l’Église face aux dérives constatées dans la gestion des affaires publiques. Selon lui, il est du devoir des institutions religieuses de dénoncer les irrégularités et les injustices, sans céder à des intérêts particuliers. « L’Église ne peut pas trahir la vérité », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité d’une parole libre et responsable.
S’agissant de la Refondation, le FFKM met en avant une approche profondément axée sur les valeurs. Celle-ci devrait, selon ses responsables, commencer par la repentance, l’humilité et la pureté. Ces principes, issus des fondements spirituels malgaches, sont considérés comme indispensables pour instaurer une gouvernance crédible et respectée. À cela s’ajoutent la justice et le bien, qui doivent guider toute action politique.
Valeurs
Le Conseil insiste également sur le fait que la Refondation ne doit en aucun cas être assimilée à une entreprise de rupture brutale ou de destruction des acquis. Elle doit plutôt s’inscrire dans une dynamique de reconstruction progressive et inclusive du pays, touchant l’ensemble des secteurs : politique, économique, social et institutionnel. La question de la qualité des réformes est également mise en avant : une transformation sans exigence ni rigueur risquerait, selon le FFKM, de reproduire les mêmes dysfonctionnements.
Concernant la concertation nationale, le message est tout aussi clair. Le FFKM appelle à un changement profond des mentalités, condition sine qua non pour garantir le succès de cette initiative. Dirigeants, acteurs politiques et citoyens sont tous interpellés. Monseigneur Samoela Jaona Ranarivelo a ainsi souligné que « la mentalité ne doit pas être dominée par un état de déception », appelant à dépasser les frustrations et les méfiances accumulées au fil des crises politiques.
Pour les responsables du Conseil, cette concertation ne doit pas être réduite à une simple formalité politique ou à un exercice de communication. Elle doit constituer un véritable cadre de dialogue sincère, orienté vers des solutions concrètes pour la reconstruction de l’État. Cela implique une participation inclusive de toutes les forces vives de la Nation, sans exclusion.
Dans cette optique, le FFKM lance un appel à la solidarité et à la responsabilité collective. Il encourage les différentes entités institutions, partis politiques, société civile et citoyens à s’engager activement dans ce processus, dans un esprit d’écoute et de compromis.
À travers cette prise de position, le FFKM réaffirme son rôle d’acteur incontournable dans la vie nationale, en se positionnant comme une voix de conscience face aux enjeux cruciaux que traverse Madagascar.
Doris Mampionona
