Madagascar entend suivre de près les avancées de la Zone de libre-échange continentale africaine et renforcer sa position sur un marché appelé à se structurer progressivement au cours de la prochaine décennie.
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| Les instances dirigeantes du continent veulent parvenir à 50 % d’échanges commerciaux intra-africains d’ici 2030. |
Entrée juridiquement en vigueur en 2021, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) demeure encore en phase de déploiement opérationnel. La libéralisation tarifaire complète est attendue entre 2031 et 2036. Dans ce contexte, Madagascar cherche à anticiper son intégration au marché continental et à mieux structurer sa stratégie commerciale.
Les autorités publiques et les acteurs du secteur privé travaillent actuellement à la mise en place d’un comité national chargé du suivi des engagements liés à la Zlecaf. La structure devrait également servir de cadre de concertation autour des échanges commerciaux avec le continent africain.
« Il s’agit d’une structure qui suivra de près les engagements des parties prenantes malgaches par rapport au marché africain. Ce comité servira aussi de plateforme pour booster les échanges commerciaux avec l’Afrique. Notre objectif est de rééquilibrer la balance commerciale entre les exportations et les importations de la Grande Île », a expliqué Tiava Rajohnson, directrice du commerce extérieur au ministère du Commerce, lors d’un atelier organisé, hier, au Pavé Antaninarenina.
Insuffisances d’infrastructures
Madagascar entend notamment miser sur le textile, l’habillement, les accessoires, l’agroalimentaire ainsi que certains services pour se positionner sur ce marché continental, qui représente aujourd’hui environ 1,3 milliard de consommateurs et pourrait atteindre 2,5 milliards d’habitants d’ici à 2050.
Mais les ambitions affichées se heurtent encore à plusieurs contraintes structurelles. Les insuffisances des infrastructures routières et énergétiques continuent de limiter les capacités industrielles du pays. Alors que les autorités présentent la transformation locale comme un levier de développement économique, le tissu industriel demeure relativement limité. Le secteur manufacturier représente environ 15 % du produit intérieur brut, au sein de l’ensemble du secteur secondaire.
Au ministère du Commerce, les responsables évoquent néanmoins une stratégie de coordination entre les acteurs publics et privés afin de préparer l’ouverture vers le marché continental. « Nous disposons de la capacité pour exporter vers la Zlecaf, pour ne parler que des lignes aériennes et maritimes vers le marché africain, mais nous sommes en train de mettre en place une synergie au niveau national pour parfaire nos préparatifs », a indiqué Tiava Rajohnson.
Les autorités mettent également en avant l’évolution des routes maritimes internationales au cours des dernières années. Une part croissante du trafic mondial transite désormais par l’océan Indien, renforçant l’intérêt stratégique de la région pour les opérateurs maritimes.
Le commerce intra-africain est actuellement estimé à environ 220 milliards de dollars. Selon plusieurs projections continentales, la mise en œuvre complète de la Zlecaf pourrait générer entre 450 et 470 milliards de dollars de revenus supplémentaires à l’échelle africaine.
Itamara Otton
