CHEFS DE FOKONTANY  - Les nominations se heurtent aux contestations

Comme d’autres chefs fokontany, Jean Nirina Rafanomezantsoa vient d’être limogé du fokontany d’Anosizato Est.

Le pouvoir central poursuit les limogeages et les remplacements de chefs fokontany malgré les contestations enregistrées dans plusieurs localités. Ces décisions ravivent les tensions entre les autorités et les populations locales, alors qu’une concertation nationale est annoncée sur le mode de désignation de ces responsables de proximité. 

Hier, à Anosipatrana, dans le district d’Antananarivo IV, la tension est montée d’un cran. Des membres du fokonolona ont organisé une manifestation pour empêcher le limogeage du chef de fokontany en place. Déterminés, ils ont exprimé leur attachement à leur représentant local. 

« C’est notre chef de fokontany et nous ne voulons personne d’autre », ont-ils scandé, dénonçant une décision imposée sans consultation préalable. La situation est restée tendue pendant plusieurs heures, dans l’attente d’une éventuelle intervention des autorités.

Au-delà des cas isolés, ces contestations traduisent un malaise plus profond. Dans plusieurs quartiers de la capitale, le report répété des élections des chefs de fokontany suscite l’incompréhension. À Ambolokandrina, fokontany 5A, dans le district d’Antananarivo II, des habitants dénoncent un retard jugé excessif dans l’organisation du scrutin. Prévue depuis plusieurs mois, l’élection a été reportée à plusieurs reprises, sans explication claire.

Dans ce contexte, la gestion des affaires courantes repose sur des responsables intérimaires. Selon les habitants, cette situation fragilise l’administration locale. « L’adjoint assure la gestion, mais ce n’est pas suffisant compte tenu de l’étendue du quartier », confie un riverain. Certains craignent notamment un ralentissement des services de proximité, comme la délivrance de documents administratifs ou la gestion des conflits locaux.

À travers le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, en collaboration avec les autorités de district, l’État met en œuvre un processus de renouvellement des chefs de fokontany. Officiellement, ces mesures visent à réorganiser l’administration de proximité et à renforcer la gouvernance locale. Mais parfois, elles ne sont pas perçues comme telles. 

Sur le plan politique, la question des chefs de fokontany devient également un sujet de débat. Plusieurs responsables politiques montent au créneau pour dénoncer les méthodes actuelles. Le député d’Arivonimamo, Antoine Rajerison, a ainsi appelé au respect du principe électif. 

« Ça suffit, ne reproduisez plus les erreurs du passé. Faites élire les chefs de fokontany, car cela faisait partie de notre lutte contre l’ancien régime », a-t-il déclaré récemment, rappelant les engagements pris lors des précédentes transitions politiques.

Doris Mampionona

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne