BIODIVERSITÉ - Le parc Tsarasaotra ouvre le birdwatching au public

Des ornithologues ont rencontré le grand public, samedi, sur le site Ramsar de Tsarasaotra, dans le cadre de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs. 

Au programme  de la visite du parc Tsarasaotra : vulgarisation, échanges et sensibilisation à la conservation des zones humides.

Célébrée  deux fois par an, le deuxième samedi de mai et d’octobre, la Journée mondiale des oiseaux migrateurs accompagne les deux grandes périodes de migration : vers le Nord au printemps et vers le Sud en automne. Chaque édition est l’occasion de sensibiliser aux menaces qui pèsent sur ces espèces et de promouvoir les actions de conservation au-delà des frontières.

Cette année, le thème retenu est : « Chaque oiseau compte, vos observations sont importantes », avec un accent particulier mis sur la science participative. Grâce à des applications comme eBird et Merlin, des millions de bénévoles enregistrent leurs observations, ensuite transmises au Cornell Lab afin d’enrichir les bases de données scientifiques.

À Madagascar, l’initiative est portée par de jeunes bénévoles engagés. « Sur les 300 espèces d’oiseaux recensées à Madagascar, 100 sont endémiques », rappelle Mirana Rahaniaina Jeÿnne Evah, afin de souligner l’importance de la mobilisation autour de la protection de l’avifaune malgache. Elle a notamment présenté au public les techniques de comptage des espèces.

Pour Manoa Faliarivola, docteure en zoologie, la sensibilisation constitue une étape essentielle. « Il faut d’abord faire connaître les espèces aux gens. Quand ils savent, ils se soucient et agissent pour les protéger », explique-t-elle.

Samedi, au parc Tsarasaotra, site Ramsar à gestion privée appartenant à la famille Ranarivelo, scientifiques, amateurs, adultes et enfants ont découvert les bases de l’identification des oiseaux, du recensement des espèces aquatiques et de l’évaluation de leurs habitats. Une manière de rapprocher le grand public des enjeux de conservation, tout en encourageant l’engagement bénévole.

Fonctions écologiques

La journée a également été mise à profit pour mener des opérations de débroussaillage des plantes invasives terrestres et aquatiques, notamment la jacinthe d’eau. Le parc de Tsarasaotra accueille régulièrement des actions de préservation.

Les visites en groupe autour du lac ont permis de sensibiliser les participants aux fonctions écologiques des oiseaux, notamment leur rôle dans la dissémination des graines et la pollinisation. « Si nous protégeons les oiseaux, nous protégeons les forêts et tous les êtres vivants. Chaque personne peut protéger les oiseaux », souligne Mirana Rahaniaina Jeÿnne Evah.

Les zones humides jouent également un rôle majeur pour les espèces migratrices. Elles servent d’aires de repos, de sites de nidification et de zones d’alimentation après de longs trajets. « Les oiseaux migrent pour trouver un milieu conforme à leurs besoins. Les zones humides en milieu urbain sont garantes de la vie, d’où l’importance de faire connaître le site de Tsarasaotra », estime Billy Rakotomanga, guide touristique et photographe animalier.

Les scientifiques ont aussi alerté le public sur les menaces qui pèsent sur ces milieux. Les constructions aux abords des zones humides, les remblais de rizières et l’obstruction des canaux fragilisent les écosystèmes et favorisent les inondations en période de pluie.

Pour Sarah Tojo Mandaharisoa, guide activiste et docteure en développement rural, la protection des zones humides dépasse les seuls enjeux environnementaux. Ces espaces soutiennent également certaines activités agricoles, comme la fauche et le pâturage, tout en abritant une importante diversité d’espèces.

« Chaque chose a un fondement. Nous tenons à faire connaître l’importance des oiseaux, mais aussi les menaces qui pèsent sur eux et sur leurs habitats », affirme-t-elle.

Miaro Faliarivola, qui a présenté au public les méthodes d’identification des oiseaux samedi, résume l’engagement de ces jeunes scientifiques : « Il faut connaître les oiseaux pour pouvoir les aimer et les protéger. »

Les sites Ramsar, refuges de biodiversité

Un site Ramsar est une zone humide d’importance internationale désignée par la Convention de Ramsar de 1971 pour la conservation et l’utilisation durable des écosystèmes aquatiques.
Madagascar compte vingt et un sites classés Ramsar, parmi lesquels le lac Alaotra, les mangroves de la baie d’Ambaro, le lac Kinkony, les marais de Torotorofotsy, les zones humides de Mandrozo ou encore le parc de Tsarasaotra à Antananarivo.
Ces espaces accueillent de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, parmi lesquelles le faucon d’Éléonore, la talève d’Allen, le coucou huppé, le vanneau
d’Afrique, le tantale ibis ou encore le canard à dos blanc.

Giovanni

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