ANTANANARIVO - Les zones inondables restent interdites au remblayage

Le ministère de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers a réuni, hier, les maires des communes de la plaine d’Antananarivo. Les échanges ont porté sur l’harmonisation des formalités administratives relatives aux demandes de remblayage.

Le  ministre Lylyson René de Rolland apporte  des précisions sur les remblayages.

Le remblayage reste « strictement limité ». « Les zones susceptibles de provoquer des inondations ne peuvent pas faire l’objet de remblai », a insisté le ministre de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers, le général Lylyson René de Rolland Urbain, hier à Anosy, lors d’une réunion avec les maires des cinquante-huit communes du Grand Antananarivo.

Une zone inondable, selon les explications techniques, désigne une portion du territoire susceptible d’être submergée lors de crues ou de débordements d’eau. Elle peut correspondre à des terrains à vocation agricole, comme les rizières, mais aussi à des bassins tampons et à des réservoirs d’eau.

Or, les terrains situés en bordure des nouvelles infrastructures routières, notamment la route de Tsarasaotra, la rocade, le by-pass ou encore la bretelle reliant le by-pass à Ankadimbahoaka, suscitent un intérêt croissant en matière d’urbanisation. Pourtant, ces espaces restent encore largement occupés par des rizières.

Selon un technicien, toutes les rizières ne sont pas systématiquement classées comme non constructibles. « Certaines ont été requalifiées en zones constructibles à la suite de l’adoption du plan d’urbanisme de détail (PUD), un document qui détermine à la fois les zones constructibles et leur vocation, qu’elle soit industrielle, résidentielle ou agricole », explique-t-il.

Procédure

Par ailleurs, les conditions hydrauliques constituent un critère déterminant dans l’octroi des autorisations. « Lorsque la zone n’est pas particulièrement sensible sur le plan des risques d’inondation, la construction peut être envisagée », précise ce technicien.

Dans tous les cas, toute autorisation de remblai est soumise à une procédure technique préalable, axée notamment sur la prévention des inondations. La demande est transmise à la direction générale de l’Autorité de protection contre les inondations dans la plaine d’Antananarivo (APIPA). Le délai d’examen est de cinq jours.

Plusieurs techniciens issus de différents ministères, sous la coordination de la direction générale de l’Aménagement du territoire, sont mobilisés pour inspecter les sites, en collaboration avec les autorités locales. Ils veillent à la mise en place d’un système d’assainissement conforme aux normes requises afin d’éviter les inondations.

« Une autorisation du ministre est ensuite délivrée avant toute opération de remblai », précise le ministre. « Il ne faut pas s’inquiéter ni penser que ces terrains seront achetés par des étrangers : les zones où le remblai est interdit ne pourront pas être remblayées. En revanche, les zones autorisées permettront de générer des retombées économiques pour les communes, les régions, la capitale et Madagascar », poursuit le général Lylyson René de Rolland Urbain.

Le ministère de l’Aménagement du territoire et des services fonciers a partiellement levé l’interdiction de remblayage, en vigueur depuis février 2022. Concernant les terrains déjà remblayés durant cette période de suspension, des opérations de contrôle ont été engagées, accompagnées de convocations des personnes concernées.

Des sanctions sont prévues pour les constructions réalisées dans des zones non autorisées. Des mises en conformité seront également exigées afin de permettre, le cas échéant, l’obtention des autorisations requises.

Miangaly Ralitera

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