ANOSY - L’ambalavelona frappe en plein défèrement

Au parquet d’Anosy, dix-huit enfants accompagnés de leurs parents ont été saisis de crises d’ambalavelona pendant le défèrement de trois personnes soupçonnées de sorcellerie. Les suspects ont été placés en détention préventive.

Le 21 avril, une séance d’exorcisme a été organisée à l’église catholique d’Ambohijafy.

Le défèrement de trois personnes poursuivies pour des faits présumés de sorcellerie a viré à la scène de panique, mercredi, au parquet d’Anosy. Alors que deux femmes et un homme étaient présentés devant le magistrat, dix-huit enfants, considérés comme victimes dans cette affaire, ont été pris simultanément de crises d’ambalavelona et évacués hors du tribunal.

Hurlements, agitation incontrôlée, convulsions, pertes de conscience : les manifestations ont ravivé l’inquiétude des familles, confrontées depuis plusieurs semaines à une série d’épisodes similaires dans leur établissement scolaire et leur quartier.

L’enquête remonte au 13 avril, lors d’une remise de bulletins dans une école d’Ambohijafy Fenoarivo. Selon les proches des victimes, une collégienne aurait soudainement perdu le contrôle au cours d’une messe, avant de retrouver son calme après des prières et l’aspersion d’eau bénite. Le lendemain, plusieurs autres enfants ont présenté les mêmes symptômes.

Face à la multiplication des cas, parents, responsables religieux et habitants ont organisé des séances de prières collectives. Le 21 avril, un prêtre exorciste est intervenu à l’église catholique d’Ambohijafy. Durant cette cérémonie, les enfants en crise auraient désigné les mêmes personnes, malgré des origines et des quartiers différents, selon les témoignages recueillis auprès des familles.

À l’issue de cette séance, les trois suspects ont été interpellés puis placés sous mandat de dépôt à la prison d’Antanimora.

Intervention

Depuis, la peur continue de gagner les familles concernées. Certaines affirment avoir reçu des menaces émanant de l’entourage des suspects. 

« Nos enfants souffrent jour et nuit», témoigne Nasainasoa Rakotobenaravakiniaina, mère d’une victime. « Ils ne peuvent plus suivre les cours normalement et risquent de manquer les examens. »

Les plaignants, regroupés au sein d’un collectif, réclament une intervention des autorités sanitaires et judiciaires.

Dans le milieu médical, l’ambalavelona est généralement associé à des phénomènes de psychose collective ou de troubles de conversion. Psychiatres et médecins évoquent des réactions psychologiques à un stress intense, à des tensions sociales ou à des traumatismes difficilement exprimés verbalement.

Gustave Mparany

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