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| Grande mobilisation pour l’assainissement à Andravoahangy, samedi. |
Des infrastructures érigées au-dessus des canaux d’évacuation entravent l’écoulement normal des eaux à Andravoahangy. Cette situation favorise la stagnation des eaux dans plusieurs quartiers. « C’est la principale cause du problème ici », confie Fidèle, un habitant d’Andravoahangy, samedi. Selon lui, la solution passe par la construction de nouveaux canaux adaptés afin d’assurer une meilleure évacuation, notamment pour lutter contre la montée récurrente des eaux. Il souligne également que les réseaux d’égouts n’existent plus, fragilisés par les constructions le long de la route qui ont endommagé les canaux d’évacuation.
Classée parmi les zones les plus touchées par l’insalubrité dans la capitale, Andravoahangy a bénéficié, ce samedi, d’une opération de curage et d’enlèvement des déchets. L’intervention, menée avec l’appui de partenaires et des riverains, vise à désengorger les canaux obstrués. Sur place, des éboueurs descendent dans les canaux d’évacuation envahis par les déchets. Les conduits sont bouchés, où s’accumulent boues, plastiques et détritus.
Munis de pelles, de fourches et de seaux, ils extraient progressivement les amas qui bloquent l’écoulement, tandis que d’autres agents les remontent à la surface. Une scène qui illustre l’ampleur de l’insalubrité affectant le quartier.
Depuis plusieurs mois, les habitants alertent sur la dégradation de leur cadre de vie, avec des eaux stagnantes, une accumulation de déchets, de mauvaises odeurs et des risques sanitaires persistants. Une situation aggravée par les mauvaises habitudes de certains riverains qui jettent leurs ordures n’importe où, ainsi que par l’occupation anarchique des emprises des canaux. Le cas d’Andravoahangy n’est d’ailleurs pas isolé. À chaque pluie, plusieurs rues du centre-ville, notamment à Antanimena, Behoririka, Besarety, Tsaralalàna, Anosy et Mahamasina, se transforment en véritables lits de rivières.
Face à l’urgence, les responsables de la Commune urbaine d’Antananarivo, conduits par le président de la délégation spéciale Feno Ralambomanana, se sont rendus sur place aux côtés de la ministre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène, Minosoa Elia Razafindrianiaina.
Au-delà de cette opération ponctuelle, les autorités insistent sur la nécessité d’un changement de comportement. « Le travail se fait sur le terrain, au plus près des réalités », a souligné le PDS, appelant les habitants à ne plus jeter les déchets dans les canaux.
La ministre a, de son côté, assuré que son département apporte un appui financier à la Commune, tout en veillant au suivi rigoureux de l’utilisation des fonds. Des financements sont déjà disponibles au niveau de la Commune et de la Société municipale d’assainissement (SMA), conformément aux décisions prises en Conseil des ministres.
Mialisoa Ida
