Avec son infirmerie fraîchement inaugurée, le commissariat central de Tsaralalàna protège autant qu’il soigne.
![]() |
| Le ministre de la Sécurité publique, Inspecteur général de police Erick Michel (a c.), lors de sa visite de la nouvelle infirmerie. |
Le commissariat central de Tsaralalàna s’offre un centre de soins pour tous. « Mon frère avait été placé en garde à vue ici il y a deux ans », raconte une femme rencontrée hier devant l’Hôtel de police. « Il souffre d’une maladie chronique. Dans la chambre de sûreté, il s’est évanoui. On a paniqué, il a fallu le transporter en urgence à l’hôpital. Les policiers eux-mêmes étaient démunis, il n’y avait aucun dispositif médical sur place ». Elle se souvient encore de la course contre la montre, des minutes perdues à chercher un taxi, et de l’angoisse de voir son proche livré à lui-même.
« Les toilettes étaient dans un état lamentable : sales, impraticables. L’air y était irrespirable. On se demandait comment des gens pouvaient rester là pendant des heures », affirme un chauffeur venu récupérer ses papiers. Il dénonce des infrastructures vétustes qui ne répondaient plus aux besoins d’un commissariat central.
Chaque jour, près de trois cent cinquante personnes franchissent les portes de cet établissement pour régler des affaires administratives ou judiciaires.
Droits humains
Hier, l’image était tout autre. Le commissariat inaugurait sa nouvelle infirmerie et son bureau de la police de la circulation, en présence du ministre de la Sécurité publique, Inspecteur général de police Erick Michel, et d’autres responsables. Les drapeaux flottaient, les uniformes étaient impeccables, les discours officiels insistaient sur la volonté de rapprocher la Police nationale de la population. Le ministre a rappelé que la modernisation ne se limite pas aux bâtiments, mais qu’elle doit aussi améliorer les conditions sociales des agents et l’accueil des citoyens.
Les policiers eux-mêmes se disent soulagés. « On a enfin un espace pour se faire soigner sans quitter notre poste », confie un agent. Les visiteurs découvrent qu’en cas de malaise ou de problème de santé, ils seront désormais pris en charge sur place, y compris les personnes en garde à vue, dans le respect des droits humains.
Un magasin de tenues et d’équipements vient compléter le dispositif, symbole d’une institution qui veut se professionnaliser et offrir de meilleures conditions de travail à ses membres.
Gustave Mparany
