RUGBY À XV - Le ballon ovale cherche un nouveau souffle

Les Makis seniors hommes promus en division 1A en 2012.

L’année 2012 reste gravée comme un sommet du rugby à XV malgache, marquée par un sacre continental en Division 1B décroché dans un stade de Mahamasina en ébullition et une promotion en division 1A. Depuis, Madagascar a reculé par rapport aux autres nations et la nouvelle formule utilisée n’aide pas dans les participations aux rencontres internationales, l’un de ses principaux points faibles.

La génération dorée portée par des figures comme José Rakotoarison, Alain Rakotonirina, Sidonie Rakotoarisoa et Jean Fabrice Ramangalahy… incarnait un rugby spectaculaire, alliant vitesse, audace et engagement. Les Makis rivalisaient alors avec les meilleures nations africaines, offrant au public des rencontres haletantes et un sentiment de fierté nationale.

Mais cette période faste appartient désormais au passé. Depuis, le rugby à XV malgache peine à maintenir ce niveau d’exigence. Le renouvellement générationnel s’est avéré insuffisant et la compétitivité du XV national s’est progressivement érodée. Les résultats en Coupe d’Afrique témoignent de cette irrégularité : après la montée en Division 1A en 2012, Madagascar a alterné entre relégations, places d’honneur et compétitions moins relevées comme la Silver Cup. Un déclin progressif qui interroge sur les choix structurels opérés ces dernières années.

Pour Antsoniandro Randrianorosoa, le constat est clair : « Le problème du rugby à XV malgache actuel, c’est l’orientation. Ces trois dernières années, on s’est tourné davantage vers le rugby à VII ». Il souligne également l’impact des tensions internes apparues à partir de 2018, entraînant l’existence de tournois organisés en parallèle au stade Malacam.

Une refonte

Au-delà des conflits, la formation demeure inégale malgré un vivier de talents indéniable. Le manque d’encadrement technique, d’infrastructures adaptées et de compétitions régulières freine l’émergence d’une nouvelle génération capable de rivaliser au plus haut niveau.

Même constat du côté de Berthin Zoto Rafalimanana : « La formule utilisée sur le continent ne permet pas un développement. Après une défaite lors des tournois de l’équipe nationale masculine en Afrique, il faut parfois attendre plusieurs années, jusqu’à trois, avant de rejouer. Il faut aussi savoir choisir l’entraîneur et les joueurs à chaque compétition, car le talent existe à Madagascar ».

Face à cette situation, une refonte s’impose. Structurer une filière claire, renforcer les compétitions locales et investir dans la formation des jeunes apparaissent comme des priorités. Retrouver une identité de jeu, basée sur la vitesse et la créativité qui ont fait la réputation des Makis, constitue également un levier essentiel pour rebâtir une équipe compétitive.

Dans ce contexte, le rugby à VII offre une alternative crédible. En 2025, Madagascar a décroché une place de vice-champion d’Afrique. Aujourd’hui, sans abandonner le XV, la Grande île peut s’appuyer sur la dynamique du VII pour amorcer sa reconstruction.

Donné Raherinjatovo

Enregistrer un commentaire

Plus récente Plus ancienne