RECHERCHE - L’approche One Health contre la Mpox

Coordonné par le Cirad, le dispositif en partenariat One Health Océan Indien (dP OHOI) joue un rôle important dans la région. Il défend une approche qui relie la santé humaine, animale et environnementale, avec pour objectif de mieux prévenir les risques et d’améliorer les dispositifs existants.

« La Mpox est une émergence d’origine zoonotique et une maladie qui s’inscrit pleinement dans le cadre de la lutte contre les zoonoses via l’approche One Health », explique Véronique Chevalier, vétérinaire épidémiologiste au Cirad à Antananarivo et collaboratrice de l’Unité d’épidémiologie et de recherche clinique de l’Institut Pasteur de Madagascar (IPM).

La maladie étant d’origine animale — les rongeurs sauvages —, une fois transmis à l’homme, le virus acquiert la capacité de transmission interhumaine. Fin 2025, les premiers cas de Mpox ont émergé à Madagascar, puis à La Réunion et aux Comores. Sur la Grande Île, le Centre opérationnel d’urgence de santé publique (Cousp) dénombre 1 477 cas notifiés cumulés, avec un taux de positivité de 55,62 % et un décès confirmé.

Face à cette situation, le dP OHOI renforce ses actions, notamment en matière de surveillance et de diagnostic, avec le développement de systèmes de veille et de surveillance communautaire pour détecter rapidement les cas suspects.

Le dispositif s’appuie sur des outils d’analyse pour mieux comprendre la propagation de la maladie et anticiper les risques.

La riposte s’est organisée dès l’apparition des premiers cas dans la région de Mahajanga. Une cellule laboratoire a été mise en place, réunissant plusieurs structures, dont l’Institut Pasteur de Madagascar et le CICM. Les premiers tests reposaient sur la PCR (Polymerase Chain Reaction), avant un renforcement récent des capacités grâce au déploiement de la technologie GeneXpert dans les régions.

« Dès le début de la riposte, la cellule laboratoire s’est structurée pour assurer le diagnostic. Aujourd’hui, les capacités ont été renforcées au niveau régional, notamment à Mahajanga et Fianarantsoa, qui sont désormais en mesure de diagnostiquer la Mpox», souligne Jean-Michel Heraud, membre de la cellule laboratoire coordonnée par le Laboratoire d’analyses médicales Malagasy.

De son côté, le Cousp mène des recherches épidémiologiques, cliniques et opérationnelles pour mieux gérer la situation.

Des défis persistent en matière de financement, d’équipements et de coordination.

Des besoins urgents sont également exprimés, comme l’accès aux vaccins, aux intrants médicaux et à un appui technique renforcé.

Ihariana Sarobidy et Possenti Tracy

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