PATRIMOINE - Le « Tsapiky » présente un intérêt économique

Le genre musical « Tsapiky », traditionnel du Sud-Ouest, pourrait voir son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco se traduire par des retombées économiques.

Le ministre Gascar Fenosoa Mandrindrarivony, avec son staff lors de la conférence de presse sur le « Tsapiky ».

Une importante délégation ministérielle mobilisée pour valoriser le « Tsapiky ». Le ministre de la Communication et de la Culture, Gascar Fenosoa Mandrindrarivony, s’est rendu à Toliara, accompagné d’une partie de ses directeurs et de son équipe, pour honorer le festival « Tsapiky », qui débute ce jour au stade d’Andaboly. « Le Tsapiky est devenu un patrimoine culturel immatériel inscrit auprès de l’Unesco depuis le 10 décembre dernier. L’État malgache est ainsi fier de présenter ce genre musical, désormais inscrit au patrimoine mondial, à la population de la région Atsimo Andrefana, d’où il est issu, et à tous les Malgaches », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse tenue mercredi dernier dans un hôtel proche du port de Toliara.

Le directeur général de la Communication, celui de la Culture, le directeur des Patrimoines, la directrice de l’Identité culturelle et le directeur de l’Office national des arts et de la culture se sont succédé pour détailler les enjeux de cette reconnaissance. « Le genre musical est désormais considéré comme un patrimoine mondial, ce qui signifie que le Tsapiky présente une valeur universelle exceptionnelle. Cette inscription offre une visibilité à Madagascar, susceptible de générer des retombées économiques, notamment sur le plan touristique », explique Denis Lahiniriko, directeur des Patrimoines.

Industries culturelles et créatives

En tant qu’atout touristique, le « Tsapiky » peut contribuer à la promotion du tourisme culturel. Il est déjà mobilisé dans des productions audiovisuelles, où son rythme rapide et dansant accompagne des documentaires. Les artistes peuvent ainsi tirer parti de l’exploitation de leur musique dans ces supports.

Le « Tsapiky » devrait faire l’objet d’une campagne de promotion à l’international, et l’organisation de festivals d’envergure est envisagée. Théo Rakotovao, directeur général de la Culture, a retracé l’évolution du genre, aujourd’hui à sa troisième génération. Il a rappelé ses origines, notamment les influences issues des instruments traditionnels comme le marovany, puis celles de la guitare moderne, inspirées entre autres par le musicien Jimi Hendrix, ainsi que l’intégration progressive d’instruments tels que la guitare et le clavier, comme l’a initié le groupe Tirike au début des années 1990.

Gascar Fenosoa Mandrindrarivony a insisté sur la dimension identitaire du « Tsapiky ». « En tant que patrimoine mondial, le Tsapiky constitue une source de fierté pour les Malgaches, détenteurs de cette identité », a-t-il affirmé.

Un représentant du ministère de l’Enseignement supérieur a précisé que, à ce stade, seul le « Tsapiky » a satisfait aux critères requis pour une inscription au patrimoine immatériel de l’humanité. « Le Tsapiky a fait l’objet d’études scientifiques approfondies, menées par des chercheurs d’universités malgaches et étrangères. Julien Mallet, ethnomusicologue français, a publié en 2009 un ouvrage intitulé Jeune musique de Madagascar, ancêtres, cassettes et bals poussière. D’autres rythmes, comme le Batrelaky, le Kilalaky ou le Salegy, nécessitent encore des travaux de recherche pour prétendre à une reconnaissance similaire », a-t-il indiqué.

La conférence de presse a également permis d’aborder, plus largement, la question du développement des industries culturelles et créatives dans le pays, ainsi que celle de l’actualisation de la politique culturelle.

Mirana Ihariliva

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