La semaine sainte aura été finalement diabolique. Du moment, concernant la circulation et les accidents de la route. Bien évidemment, la palme revient à la RN2 où chaque jour ou presque un accident se produit, et la plupart du temps, les camions en sont l’auteur. En une semaine, les camions ont volé la vedette à la sainte, frappant trois fois. Un a écrasé un 4x4, tuant deux personnes, la mère et sa fille, arrachées dans la force de l’âge à Manjakandriana. Hier, toujours à Manjakandriana, un camion chargé de blé s’est affalé sur la chaussée, blessant son conducteur et son aide. Toujours sur la RN2, hier, un autre camion s’est braqué sur toute la largeur de la route, bloquant complètement la circulation pendant des heures. Il fallait ronger son frein, au sens propre pour ceux qui ont choisi avec courage le destination Toamasina et Foulpointe pour passer le weekend pascal et ont pris une avance. Avec l’état lamentable de la RN2, le voyage, durant déjà 12 heures, est davantage rallongé.
Sur l’axe Ouest vers Mahajanga, les accidents sont également monnaie courante, et la plupart du temps mortels. Là aussi, l’état de la route est en partie responsable des accidents mais les conducteurs de taxis-brousse et de camions sont les principaux usagers de la RN4. Sans oublier la RN7, dont la majorité reste une véritable galère pour les automobilistes.
Les accidents et le nombre de véhicules en circulation sont deux grandeurs directement proportionnelles. C’est d’autant plus vrai que l’inconscience au volant croit également avec la baisse du niveau d’instruction des conducteurs. Mais aussi curieux que cela puisse paraître, on a entendu parler d’opération
« Pâques sans accident » assurée par la gendarmerie chaque année. Avec le « Fanavaozana », on a peut être changé de fusil d’épaule. L’opération ne chante jusque-là qu’un seul été, alors le contrôle doit être permanent et systématique. C’est seulement à ce prix qu’on peut espérer avoir des résultats et une réduction appréciable du nombre d’accidents de la route. Il fut un temps où les gendarmes ont recouru à l’alcootest sur les Routes nationales mais là aussi, il s’agit d’un coup d’éclat.
Toutes ces mesures doivent être pérennes et régulières, sinon tout restera au niveau de slogan pour épater la galerie. Autrement, « Pâques cent accidents » serait plus approprié au contexte et à la situation actuels. On croise les doigts.
Sylvain Ranjalahy