À travers son nouvel ouvrage, Maholy Ramarolahy met en lumière les règles et les richesses du kabary traditionnel, dans une démarche de préservation des valeurs culturelles malgaches.
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| Maholy Ramarolahy, oratrice et auteure, lors de la présentation officielle de son ouvrage Aharihary. |
Au cœur de la transmission culturelle malgache, le kabary am-panambadiana retrouve une place centrale avec la parution de l’ouvrage Aharihary, signé Maholy Nirilala Ramarolahy, le 25 avril 2026. Présenté dans le cadre du Tsenaben’ny Boky, à la Bibliothèque nationale d’Anosy, ce livre se veut plus qu’un recueil : il ambitionne de constituer une référence pour la préservation des usages liés au mariage traditionnel.
Oratrice depuis 2000, titulaire d’une maîtrise en langue et lettres malgaches, enseignante de kabary depuis 2003 et actuelle présidente de la branche FI.MPI.MA Analamanga (mandat 2022-2026), l’auteure inscrit son travail dans une logique de transmission. Déjà à l’origine de Pitik’afon-kabary, paru en 2010, elle poursuit ici une réflexion centrée sur l’authenticité des pratiques.
Avec Aharihary, elle défend l’idée que la connaissance des règles du kabary am-panambadiana demeure essentielle pour éviter les dérives et les approximations. Elle insiste sur la responsabilité des détenteurs de ce savoir de préserver ces traditions sans les adapter aux seules convenances individuelles.
L’ouvrage s’appuie sur un travail de recherche mené sur deux années, entre 2010 et 2012, dans plusieurs localités du nord de la région Analamanga, notamment dans les districts d’Anjozorobe et de Manjakandriana. Des enquêtes ont été conduites à Antanetibe Anativolo, Ambongamarina, Ambatofisaorana, Mangamila, Sadabe et Ankerana. À partir de questionnaires adressés aux olobe et aux orateurs, complétés par des observations lors de cérémonies, l’auteure a rassemblé et vérifié des données qu’elle a ensuite structurées.
Un patrimoine documenté
Le contenu de Aharihary met en évidence l’origine du kabary am-panambadiana, ses différentes étapes et ses variantes selon les localités. L’ouvrage propose également des exemples issus du terrain, illustrant la diversité des pratiques. Des créations personnelles de l’auteure viennent compléter cet ensemble.
Lors de la présentation officielle, le ministère de la Communication et de la Culture a salué l’initiative. Le projet a également reçu l’aval du comité de publication du Foibe FI.MPI.MA à l’échelle nationale.
Maholy Ramarolahy a évoqué les contraintes rencontrées, notamment financières et logistiques, liées aux recherches de terrain. Elle souligne que l’écriture d’un ouvrage relève avant tout d’un engagement en faveur de la transmission culturelle. Sa principale motivation reste la diffusion de ce savoir.
Tiré à 500 exemplaires pour cette première édition, Aharihary sera disponible dans les librairies d’Antananarivo à partir du mois de mai. Une réimpression est envisagée en fonction de la demande, ainsi qu’une diffusion dans d’autres régions grâce à des partenariats.
À travers cet ouvrage, Maholy Ramarolahy contribue à documenter le kabary am-panambadiana, entre préservation des fondements et mise à disposition d’un cadre de référence.
Cassie Ramiandrasoa
