Antananarivo, Ambohimanga, Ilafy, Ambohidrabiby, Ambohidratrimo, Antsahadinta : pour les Rova les plus connus en Ankibon’Imerina, au-coeur-de-l’Imerina. Pas un qui n’ait pas été profané, d’une manière ou d’une autre, de certaines manières et plus d’une autre, depuis l’envoi en exil de la Reine Ranavalona III, dans la nuit du 28 février 1897.
En ce 111ème anniversaire du génocide des Arméniens d’Anatolie, on peut se demander si les Merina ne seraient pas les Arméniens de Madagascar. La légende prétend que les ancêtres merina seraient arrivés, dans ce qui sera futurement l’Ankova, alors que les meilleures terres du littoral étaient déjà occupées.
Qui et quand furent les proto et deutéro Austronésiens à rallier cette autre grande île si éloignée de leur Bornéo-Kalimantan : leur langue est étrangement la plus altérée sur les hautes terres centrales tandis que le phénotype asiatique y est singulièrement le mieux conservé. Vade retro Darwin !
Acculés aux hauts-plateaux depuis, dit-on, un itinéraire parti de Maroantsetra, les Merina d’Ankova n’en seraient redescendus que bétail marchant et marchandise, captifs de razzias successives des tribus environnantes qui en envoyèrent des milliers vers les plantations des Mascareignes ou des Amériques : les Merina ne durent qu’à leur médiocre constitution physique de ne pas être trop prisés pour les corvées de forçats, leur épargnant une dépopulation qui eût pu attenter au seuil critique de survie et de reproduction.
Cette sinistre parenthèse, située globalement entre la fin du règne d’Andriamasinavalona et l’approche du règne d’Andrianampoinimerina, motivera le sursaut du si bien connu mais tout aussi tellement mal interprété «ny riaka no valam-paria». La défense portée au plus loin aura coïncidé avec l’opportunité d’une négoce avec l’au-delà-des-mers et, rejoignant un schéma universel, l’absolutisme royal d’un Andriana «Tsy-roa-no-mandidy» trouva alliance avec une oligarchie commerciale «Tsimahafotsy-Tsimiamboholahy» qu’ailleurs on aurait appelée bourgeoisie.
Version pas plus édulcorée que les siècles très passés qu’aucun témoignage de type Ellis, Pfeiffer, Chapus et Mondain sinon Finaz, n’aura documentés. Le sont par contre, dûment répertoriées, toutes les perpétrations commises contre les Merina et leur culture depuis la profanation des «Fitomiandalana» des Rova d’Antananarivo et d’Ambohimanga, en mars 1897.
«Vous pouvez chercher à les anéantir, vous ne pourrez pas empêcher que deux d’entre eux se retrouvent pour sourire ensemble et se mettre à reconstruire» : passage parmi les milliers d’autres citations arméniennes de ces derniers jours. Nous sommes.
Nasolo-Valiavo Andriamihaja