Fonds souverain pour les générations futures

Le 29 janvier 2026, le Fonds souverain norvégien publiait son Rapport annuel tandis qu’à Madagascar on cochait toutes les cases des divers méfaits à la direction générale du «Fonds Souverain Malagasy» (créé par la loi 2021-24 dont la HCC avait demandé l’extirpation des représentants parlementaires au motif que le Parlement, organe de contrôle de la politique générale de l’État, ne doit pas prendre part à la gestion d’une société à participation publique). 

Un ancien article (septembre 2007) de «Finances et Développement» (revue du FMI) évoquait «La montée en puissance des fonds souverains» : «Le terme «fonds souverain» est un néologisme relativement récent qui désigne une réalité assez ancienne : les avoirs d’un État en monnaie étrangère. Lorsqu’un pays affichant un excédent courant accumule plus de réserves qu’il ne le juge nécessaire pour ses besoins immédiats, il peut créer un fonds souverain pour gérer cet «excédent» de ressources. Les fonds souverains existent au moins depuis les années 50, mais leur volume global à l’échelle planétaire a connu une augmentation spectaculaire au cours des dix à quinze dernières années (NDLR : 1992-1997). En 1990, les fonds souverains détenaient probablement 500 milliards de dollars tout au plus (NDLR : 61 milliards de dollars «mis de côté» dans le Fonds norvégien entre 1996-2000). Les fonds souverains sont d’importants acteurs du secteur public au XXIe siècle. Les fonds spéculatifs, tout en prenant de l’importance en ce siècle, nous ramènent d’une certaine manière à la fin du XIXe siècle, époque où d’importants flux de capitaux privés internationaux circulaient d’autant plus facilement qu’ils n’étaient pas réglementés - contribuant de manière générale à une longue période d’expansion économique mondiale, à 

un essor rapide de la productivité et à un bon nombre de crises. Qu’adviendra-t-il lorsque l’État du XXIe siècle rencontrera le secteur privé du XIXe siècle ?»

La Norges Bank Investment Management (NBIM) assigne au Fonds souverain norvégien la «mission de perpétuer cette prospérité et réaliser la meilleure assurance pour la génération actuelle et les générations futures». Dès le départ, et avec une continuité remarquable, transcendant les clivages socio-politiques, les Norvégiens l’ont sanctuarisé comme un plan-épargne collectif à très long terme, n’hésitant pas à employer des mots comme «précautionneusement». 

Une assurance-vie à l’échelle d’une nation par-delà les générations : concept inconnu à Madagascar où la «politique du ventre», autrefois à l’intention des plus pauvres, a été détournée par les prédateurs uniquement soucieux d’accumulation personnelle maximale en un minimum de temps. 

à suivre

Nasolo-Valiavo Andriamihaja 

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