ÉPIDÉMIE DE MPOX - L’OMS alerte sur une couverture vaccinale insuffisante

Un mois après le lancement de la vaccination contre le Mpox, le taux de couverture reste faible.

Le Dr Laurent Musongo, représentant de l’OMS à Madagascar.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé son inquiétude face à une couverture vaccinale contre le Mpox largement insuffisante. « Nous avons reçu les vaccins, mais le taux de couverture reste encore faible. Nous avons reçu des doses pour vacciner 140 000 personnes. Mais nous sommes encore à moins de 10 000 personnes vaccinées », a déclaré le Dr Laurent Musongo, représentant résident de l’OMS à Madagascar, lors de la cérémonie officielle de la Journée mondiale de la santé (JMS), tenue au stade Barea de Mahamasina.

Il a mis en garde les autorités contre les conséquences possibles de cette situation. « Cette faible couverture vaccinale pourrait avoir des répercussions sur le futur ravitaillement en vaccins Mpox pour Madagascar. L’utilisation de ces doses nous permettra d’en obtenir davantage. Si nous ne les utilisons pas, ils ne vont pas nous en envoyer. Utilisons ces doses pour capitaliser la chance d’en recevoir plus », a-t-il poursuivi.

Il a appelé les autorités sanitaires à intensifier leurs efforts pour atteindre les résultats attendus. « Nous espérons que, d’ici le mois prochain, nous pourrons utiliser le plus rapidement possible les doses disponibles », a-t-il ajouté. Il a également souligné l’importance de vacciner les personnes vulnérables, notamment celles vivant avec le VIH/sida, ainsi que les cas contacts, sur lesquels, selon lui, les autorités devraient concentrer leurs efforts. 

« Les personnes contacts, nous les avons déjà identifiées. Elles sont au nombre de 3 500, mais moins de 100 ont été vaccinées. Nous les connaissons. Pourquoi ne pas aller vacciner ces personnes contacts ? », a-t-il insisté.

Essentielle

Cette vaccination est jugée essentielle pour rompre la chaîne de transmission du Mpox. La maladie circule encore à Madagascar. Huit cents cas ont été confirmés dans quarante-neuf districts entre le 16 décembre et le 6 avril, selon le Centre d’opérations d’urgence de santé publique (COUSP), hier.

Le ministère de la Santé publique évoque une nouvelle stratégie pour augmenter le nombre de personnes protégées. « Une réunion en ligne a déjà eu lieu avec les directions régionales de la santé publique à travers Madagascar afin de renforcer cette stratégie et de rapprocher les services de la population. Au départ, l’accès était limité à un groupe restreint. Beaucoup souhaitaient se faire vacciner, mais n’avaient pas été retenus, la priorité ayant été donnée aux personnes vulnérables. Désormais, la campagne va s’élargir et concerner l’ensemble de la population », indique le Dr Désiré Rakotoarimino, directeur général de la médecine préventive au ministère de la Santé publique.

 Il souligne toutefois des insuffisances de moyens dans la lutte contre la maladie. « Le traçage des contacts prévoit qu’un cas nécessite l’investigation d’environ vingt personnes. Il faut motiver les agents pour cette opération. Cependant, à ce jour, il n’y a pas encore de financement disponible pour mettre en œuvre efficacement les activités liées au Mpox. Une enveloppe de 11 milliards d’ariary a été allouée par l’État, mais ces fonds n’ont pas encore été utilisés », précise-t-il.

Miangaly Ralitera

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