ENAM ANDROHIBE - Les administrateurs civils cogitent sur la refondation de l’État

Cinq axes de réforme. C’est sur ces points que les administrateurs civils ont cogité durant les assises qu’ils ont organisées, hier, à l’École nationale d’administration de Madagascar (ENAM), à Androhibe.

Solofotahina Lalaina Rakotondramanana, président du Syndicat national  des administrateurs civils, face à la presse, hier.

Ces assises sont organisées « pour synthétiser les idées collectées durant des concertations régionales depuis un mois. Le but étant d’émettre des recommandations à présenter lors de la concertation nationale», selon les explications de Solofotahina Lalaina Rakotondramanana, président du Syndicat national des administrateurs civils (Synad). Le premier point sur lequel ces hauts commis de l’État se sont penchés porte sur la forme de l’État.

En partant des débats sur le choix entre un État unitaire et un État fédéral, « nous allons décortiquer les points forts, les faiblesses, les opportunités et les menaces de chaque forme d’État », ajoute le président du Synad. L’autre axe d’étude concerne la réforme du cadre juridique et structurel des élections.

Textes obsolètes

 Outre l’administration territoriale, l’administration électorale figure également dans la formation des administrateurs civils. Les représentants de l’État sont aussi des acteurs de l’organisation des processus électoraux.

La troisième rubrique des séances de travail d’hier à l’ENAM a porté sur la réforme des textes régissant le rôle des représentants de l’État, mais aussi sur ceux qui encadrent le maintien et le rétablissement de l’ordre public, ainsi que les réunions publiques. Porte-voix de ses pairs, Solofotahina Lalaina Rakotondramanana reconnaît que les textes actuellement en vigueur « sont anciens et ont besoin d’être renouvelés pour permettre une paix sociale durable ».

Les textes qui régissent le maintien et le rétablissement de l’ordre, ou encore les réunions publiques, datent pour la plupart des années 1960 ou 1980. Depuis quelques années, leur caractère obsolète, puisqu’ils ne sont plus conformes à la conception contemporaine des libertés citoyennes et démocratiques, revient dans les débats. Une contradiction constatée lors des manifestations de septembre et octobre.

Le quatrième axe de réflexion sur lequel se penchent les administrateurs civils est la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. À cet effet, la question de la dématérialisation et de la digitalisation des procédures administratives, afin d’alléger la lourdeur et la lenteur administratives, est posée. Le dernier point discuté lors de ces assises nationales à l’ENAM a consisté à répondre à la question : « comment parvenir à une décentralisation très poussée », indique le président du Synad.

Garry Fabrice Ranaivoson

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